Violences conjugales : comment les déceler ?

La violence conjugale a lieu dans l'intimité du couple. Pourtant, certains signes peuvent alerter l'entourage. Françoise Brié, vice-présidente de Solidarité Femmes, fait le point.

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"Une victime de violences conjugales ne se repère pas au premier abord", prévient Françoise Brié. Bien souvent, les femmes battues ou harcelées moralement dissimulent les signes alarmants. "Elles ont tellement honte, elles se sentent coupables", explique la vice-présidente de la Fédération Nationale Solidarité Femmes (FNSF). Quelques comportements peuvent cependant mettre la puce à l'oreille. Dénigrement à répétition, signes de fatigue ou de dépression sont des indices à ne pas sous-estimer.

Lors des réunions de famille, par exemple, les proches peuvent être alertés par certaines situations. "Si monsieur rabaisse sans arrêt madame, s'il critique sa manière de s'habiller et de s'exprimer... Il ne faut pas hésiter à intervenir ou à poser des questions à la supposée victime". De même si la personne semble esseulée. "Les femmes violentées ont tendance à être isolées. Leur conjoint les pousse à s'éloigner de leur famille et de leurs amis, afin de les avoir pour lui tout seul", développe Françoise Brié.

Stress et nervosité

La situation professionnelle peut également se dégrader peu à peu. "Les violences morales et physiques provoquent un stress post-traumatique, qui entraîne lui-même des arrêts maladies fréquents, parfois jusqu'au licenciement." Ce même stress peut amener la victime à être nerveuse, à avoir des réactions d'agitation ou des discours incohérents.

"Elle passe souvent pour une hystérique face à son agresseur, qui reste calme pour sauver les apparences", déplore Françoise Brié. A côté de ça, les conjoints violents n'hésitent pas à appeler leur compagne sans cesse pour savoir ce qu'elle fait. Ils la harcèlent, se montrent jaloux et parfois trop attentionnés.

Aider les victimes

Proches, voisins, collègues ou même professionnels de santé peuvent soupçonner des violences conjugales. Dans ce cas, Françoise Brié rappelle l'importance de l'écoute : "Il ne faut surtout pas juger la personne, mais lui montrer qu'elle est épaulée, l'accueillir chez soi si besoin. Et ne pas prendre la place des professionnels." Comment agir efficacement ? En orientant la victime vers des personnes formées à cela (assistante sociale, psychologue, etc.), en lui donnant le numéro 3919 Violences Femmes Info (anonyme, gratuit et indétectable depuis un poste fixe) ou en lui fournissant des adresses d'associations. Et aussi, en gardant en mémoire le slogan d'une campagne de la FNSF : "Se taire, c'est participer".