Excision : deux gynécologues américains sont pour

La lutte contre les mutilations génitales fait partie du combat des droits des femmes. Alors quand deux gynécologues américains les approuvent si celles-ci restent "minimes", c’est toute une population qui s’indigne.

© Dorigny SIPA

Les médecins sont brillants. Mais, certaines déclarations peuvent ternir les réputations. C'est le cas de Kavita Shah Arora et Allan J. Jacobs, deux gynécologues de Cleveland dans l'Ohio, qui se sont attirés les foudres des lecteurs de la revue Journal of Medical Ethics et du corps médical au sujet de l'excision. Dans leur papier, ces professionnels de la santé suggèrent la tolérance de cette dernière si elle est jugée "minimaliste", autrement dit si elle n'altère en rien la santé et le fonctionnement des organes génitaux d'une femme.
Ces deux "cons"-pères vont jusqu'à comparer de telles pratiques à une simple circoncision : "Nous ne disons pas que les interventions sur les organes génitaux de la femme sont souhaitables, mais plutôt que certaines interventions devraient être tolérées par des sociétés libérales." Mais bien sûr !

Des propos qui font polémique

Les mutilations génitales sont un fléau. Elles touchent 200 millions de femmes dans le monde, quand ces dernières ont la "chance" de survivre à leur opération, d'après les chiffres de l'ONU. Les réactions face à la proposition douteuse des médecins n'ont donc pas été surprenantes. Brian D. Earp, chercheur en bioéthique, a fait part de ses craintes à l'AFP, évoquant un "fiasco" qui décuplerait les problèmes médicaux et sexuels. De plus, si les hypothèses de Kavita Shah Arora et Allan J. Jacobs faisaient l'objet de recherches approfondies par des spécialistes, cela signerait l'anéantissement d'années de lutte dans des pays comme le Nigéria ou la Gambie, qui depuis 2008, punissent ces agissements.

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