Violences conjugales : bientôt un guide pour aider les victimes

Un "Guide juridique des femmes victimes de violence" paraîtra le 26 janvier 2016. Projet de deux avocates à la Cour de Paris, il apporte tous les conseils nécessaires à celles qui subissent les coups de leur compagnon sans avoir la force ou les clés pour s'en sortir. Une idée brillante.

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Chaque année, 216.000 femmes sont victimes de violences dans leur foyer. Et seulement 16% font appel à la justice. Honteuses, elles n'osent pas déposer plainte, ignorant les démarches qu'elles peuvent entreprendre pour mettre fin à leur cauchemar. C'est là que My-Kim Yang-Paya et Céline Marcovici interviennent avec le Guide juridique des femmes victimes de violence, à paraître aux Editions Alma le 26 janvier 2016. Avocates, elles sont respectivement présidente et secrétaire générale de l'association Avocats Femmes et Violences. Idéal pour épauler les victimes dans le parcours complexe de la bataille juridique.
Dois-je faire constater les violences subies ? Pourquoi porter plainte ? Puis-je quitter le domicile familial ? Les réponses aux questions que se posent les victimes et leurs proches sont désormais apportées. L'ouvrage comprendra également un lexique des termes juridiques et les adresses et numéros utiles, comme le 3919. A commencer par le type de violences : ne pas croire qu'elles sont seulement physiques. Elles peuvent aussi être verbales et englobent tout harcèlement, comme l'indique Céline Marcovici à l'AFP : "Je me souviens d'une femme réveillée nuit après nuit par d'insupportables coups de trompette par un mari 'harceleur sonore' !"
Les auteures insistent sur l'importance du dépôt de plainte et sur l'évaluation de la gravité des blessures physiques et psychologiques auprès des urgences. Mais un contexte est encore difficile à traiter : celui des victimes non mariées ne voulant pas déposer plainte et sans preuve des violences subies, pour lesquelles l'ordonnance de protection ne peut être accordée. My-Kim Yang-Paya explique : "Nous avons alerté le ministère des Droits des femmes et celui de la Justice sur ce vide juridique. A ce jour, pas de réponse." En attendant, une version numérique sera aussi disponible le 4 février.

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