Le harcèlement de rue pénalisé au Portugal

La lutte contre le harcèlement de rue fait un pas en avant. Au Portugal, il est désormais puni de 1 à 3 ans de prison après le vote d’une loi en décembre 2015 condamnant les insultes à caractère sexuel adressées aux femmes. A condition qu’elles les dénoncent...

© Instagram @stopharcelementderue

Sifflets, insultes, regards pervers, les marques de harcèlement envers les femmes dans la rue ne manquent pas. Il touche une grande majorité des pays qui éprouvent des difficultés à l'éradiquer. Mais un pas en avant a été franchi le 27 décembre 2015 par le Portugal qui a voté une loi condamnant ce fléau bien trop souvent banalisé. Ainsi, le harcèlement de rue sera désormais considéré comme "comportement non désiré à connotation sexuelle, sous forme verbale, non verbale ou physique, avec pour but ou pour effet de violer la dignité d'une personne, en particulier lorsqu'il crée un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant" en intégrant l'article 170 du Code Pénal. Une victoire laborieuse pour la défense des droits des femmes dans un pays fortement machiste. Au coeur d'un débat houleux depuis août, cette demande du Parti Social Démocrate (PSD) a tour à tour été qualifiée d'excessive, d'entrave à la séduction, d'atteinte à la liberté d'expression pour atteindre le stade d'hystérie féminine, rien que ça. Comme l'a précisé Carla Rodrigues, membre du PSD, au journal Diario de Noticias : "Un homme qui se permet d'embêter une jeune fille de 15 ans, de l'effrayer, ne commettait aucun crime". Un argument qui a fait mouche au sein de la communauté politique. Encore faut-il que les victimes osent porter plainte...

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