L'excision, enfin interdite au Nigeria

Il y a un mois, le gouvernement nigérian a voté une loi interdisant les mutilations génitales féminines. Après 10 ans de luttes, le pays se dresse contre cette pratique largement controversée.

© DORIGNY/SIPA

Une avancée considérable pour le droit des femmes nigérianes. Le 5 mai dernier, le sénat a voté une loi visant à interdire l'excision au Nigeria. Une pratique ancestrale consistant en l'ablation totale ou partielle des organes génitaux féminins externes.
Alors que son mandat s'achevait, le président Goodluck Jonathan a mis un point d'honneur à faire évoluer la situation du pays dans ce domaine à travers cette nouvelle législation. Une décision saluée par l'ensemble des opposants aux mutilations génitales féminines, mais qui est loin d'en signifier la fin.
D'après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Afrique recense "92 millions de jeunes filles de 10 ans et plus mutilées sexuellement". Des chiffres particulièrement saisissants qui ont fait réagir l'État, alors qu'en 2003, Stella Obasanjo,  première dame du Nigeria à l'époque, avait instauré une journée de lutte contre l'excision. La population mondiale découvrait alors ce fléau, mais depuis dix ans, aucun réel changement n'a été observé. L'UNICEF prévoit d'ailleurs 30 millions de victimes supplémentaires dans les 10 prochaines années.
L'ablation du capuchon clitoridien ou du gland du clitoris entier et des lèvres de la femme a souvent lieu dans des conditions d’hygiène déplorables qui mettent la santé de ces femmes en danger. Elle peut causer des infections, des hémorragies, l'infertilité, la perte de sensation, sans oublier les graves séquelles psychologiques engendrées. "Il est encourageant de voir le Nigeria voter cette loi. Mais l’expérience nous montre que c’est seulement en changeant les attitudes et non juste les lois, que nous en finirons avec les mutilations génitales féminines" note Tanya Barron, responsable de l’organisation Plan-Uk.
En attendant la prise de conscience générale au Nigeria, le gouvernement entend rétablir progressivement l'égalité homme/femme. Une autre loi a été instaurée au même moment, pour punir les hommes qui abandonneraient femmes et enfants sans aucun soutien financier.

 

Excision d'une petite Africaine © DORIGNY/SIPA

 


 

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