L'avortement "presque" légalisé au Maroc

Au Maroc, la loi sur l'avortement a été (légèrement) assouplie pour permettre aux femmes d'interrompre leur grossesse dans trois cas "de force majeur", précisément énoncés par le gouvernement. Une mesure encore insuffisante pour les associations féministes.

L'avortement "presque" légalisé au Maroc
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L'avancée reste mineure mais elle est tout de même à saluer. Après consultation des instances religieuses et de la société civile, le Maroc vient de légaliser l'interruption volontaire de grossesse. Le roi Mohammed VI a annoncé la réforme le 15 mai à travers un communiqué officiel. Mais cette légalisation de l'avortement ne vaut que dans trois cas, dits "de force majeur" : les grossesses "qui résultent d'un viol", celles qui surviennent "suite à un inceste" ou en cas de "graves malformations  fœtales". 
Jusqu'ici, l'IVG était interdite sauf si la santé de la mère était en danger. Conséquence de cette sévérité : entre 600 et 800 avortements clandestins étaient pratiqués chaque jour sur le sol marocain, et ce même si les auteurs risquaient un à cinq ans de prison ferme. Cette nouvelle constitue donc une première avancée dans la législation marocaine, mais elle ne satisfait pas pleinement les défenseurs des droits de la femme. 
Car malgré cette annonce, le royaume continue d'exclure les cas de grossesses non désirées, comme pour les jeunes femmes encore mineures par exemple. "Si la femme ne veut pas de cet enfant, imaginez comment il va être élevé. Il faut reconnaître qu’il existe des relations en dehors du mariage et qu’il peut y avoir des grossesses non désirées. Il ne faut plus rester hypocrite", dénonce Najwa Koukouss, de l’association féministe Bayt Al Hikma, au micro de RFI. Les Marocaines risquent d'être encore nombreuses à recourir aux "faiseuses d’anges", ces femmes qui utilisent des remèdes à base d’herbes ou des aiguilles à tricoter pour procéder à des avortements parfois mortels pour les mères. 

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