Violences sexuelles : et après ?

Viol, harcèlement, agression... Si les enfants sont les principales cibles des violences sexuelles, les adultes qu'ils deviennent gardent d'importantes séquelles. L'association Mémoire Traumatique et Victimologie et l'Unicef dressent un bilan consternant.

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Une femme sur cinq et un homme sur quatorze se déclarent victimes de violences sexuelles. Des chiffres que l'on nous répète régulièrement, mais dont on sait au final peu de choses. Quand ces personnes ont-elles vécu l'horreur ? Dans quelles circonstances ? Comment se sont-elles reconstruites après ? Quel a été leur parcours ? C'est pour combler ces blancs et en amont de la Journée de la Femme que l'Unicef et l'association Mémoire Traumatique et Victimologie ont lancé une grande enquête et interrogé 1 214 personnes (dont 95 % de femmes) ayant subi des violences sexuelles au cours de leur vie.
Premier constat alarmant : les enfants sont les premières personnes touchées. Sur 100 sondés, 81 avaient moins de 18 ans au moment des faits : plus de la moitié avait moins de 11 ans, 21 % n'avait pas encore 6 ans. Quasiment tous (94 %) connaissaient leur agresseur. Pire : dans 50 % des cas, le bourreau était un membre de la famille.

Conséquentes conséquences

Ce rapport nous apprend que les violences sexuelles ont de lourdes conséquences sur les victimes, peu importe les années écoulées depuis les sévices. Ainsi, la moitié des personnes agressées ont tenté de se suicider, 96 % ont des souci de santé mentale depuis et 69 % des problèmes de l'ordre physique. L'Unicef rappelle que le viol entraîne des répercussions sur les mineurs, nés de ce rapport forcé.
Autre constatation : les victimes sont nombreuses à regretter une mauvaise prise en charge et des difficultés à avoir accès aux soins, aux informations, à la protection (70 % d'entres elles subiront à nouveau une violence sexuelle au cours de leur vie) et à la justice. "Il est urgent que les pouvoirs publics mettent cessaires pour protéger, accompagner et soigner victimes de violences sexuelles afin d’enrayer violences", ajoute Muriel Salmona, présidente de l'association mémoire traumatique et victimologie.

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