Les femmes à vélo pour défendre leurs droits en Egypte

Au Caire, les rues chaotiques et la circulation dangereuse ne sont pas les seuls obstacles des femmes qui veulent circuler à bicyclette: elles doivent aussi se battre contre le harcèlement de rue, qui les empêche de rouler librement. Un phénomène qui doit changer pour la liberté et la sécurité de ces femmes.

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Au Caire, se déplacer à vélo est une chose rare. Encore plus si l'on est une femme. Il faut donc prendre son courage à deux mains pour braver la ville égyptienne et sa circulation dangereuse, mais aussi pour se battre contre le harcèlement de rue.  "Malheureusement en Egypte, ce n’est pas bien vu pour une fille de faire du vélo", déplore à l'AFP Yasmine Mahmoud, 31 ans, qui  part tous les matins sur son engin à deux roues pour arpenter les routes. Elle explique qu’au Caire, les femmes doivent faire face au harcèlement sexuel et aux regards qui jugent indécente la posture d’une jeune fille sur un vélo. Pourtant, s'asseoir en position d’amazone, assise derrière un mari ou un frère, à vélo ou moto est chose commune. "Le harcèlement verbal c’est un problème, avec les moqueries des passants", ajoute Yasmine, précisant qu’un homme a déjà essayé de monter derrière elle.
Ne pas pouvoir se déplacer librement à vélo est donc un véritable problème. D'autant plus que pour de nombreuses femmes, ce moyen de transport permet d’économiser les dépenses sur l’essence et de gagner un temps précieux dans des embouteillages monstres qui n’en finissent plus dans la ville égyptienne.
Heureusement, certains hommes, touchés par cette cause, se mobilisent. Comme Mohamed Samy, fondateur de l’association Go Bike, qui organise des promenades à vélo dans la capitale et souhaiterait des pistes cyclables pour sécuriser la circulation à vélo. En plus d’améliorer les conditions de circulations, son objectif premier est "de changer la vision de la société vis-à-vis de la femme qui monte à vélo", comme a tenu à le souligner le porte-parole de l'association, Hadir, à l’agence de presse. 
De leur côté, les autorités n'ont toujours pas pris de mesures concrètes pour encourager (et aider) les femmes à prendre le vélo. Le Président Abdel Fattah al-Sissi, qui avait organisé en 2014 une balade cycliste dans la mégalopole avec tous ses ministres, semble pourtant attaché à promouvoir ce moyen de transport... sans pour autant se pencher sur la difficulté des femmes à y avoir recours. 

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Au Caire, de femmes affrontent à vélo bouchons... par afp

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