Les femmes yézidies, soumises aux pires violences sexuelles par Daesh

En Irak, les femmes yézidies kidnappées par les djihadistes de l’Etat Islamique, sont réduites en esclavage, violées et battues, poussées au suicide. Dans un rapport publié le 23 décembre, Amnesty International dénonce des crimes de guerre et contre l’humanité.

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Nettoyage ethnique, torture physique et psychologique, violences sexuelles, viols. Voici les mots qui expriment la sauvagerie du groupe armé de Daesh, plus connu en France sous le nom d’Etat Islamique. La volonté des combattants de l’EI ? Eliminer les minorités ethniques et religieuses de la communauté Yazidie d’Irak. Leur arme de guerre favorite ? Les femmes.
Dans un nouveau rapport d’Amnesty International publié mardi 23 décembre intitulé "Escape from hell – Torture, sexual slavery in Islamic State captivity in Iraq", l’organisation non gouvernementale donne la parole à des dizaines de femmes et de jeunes filles qui racontent l’indicible. Après avoir été kidnappées, vendues, rendues esclaves, parfois mariées de force et violées, ces femmes yézidies ont réussi à s’échapper des mains de l’organisation armée.  
Et ces femmes par "centaines, peut-être [par] milliers" ont été confrontées à l’horreur, jusqu’à préférer se donner la mort. Comme Jilan, 19 ans, qui a mis fin à ses jours à Mossoul de peur d’être violée : "Jilan s'est suicidée dans la salle de bains", a raconté une des filles détenues dans la même pièce que la jeune fille à Amnesty International. "Elle s'est tailladé les poignets et s'est pendue. Elle était très belle ; je pense qu'elle savait qu'elle allait être emmenée par un homme et que c'est pour cela qu'elle s'est tuée".
Donetlla Rovera, principale conseillère de l’organisation pour les situations de crise, qui s’est entretenue avec de nombreuses anciennes prisonnières, explique : "Beaucoup d’esclaves sexuelles sont mineures – des filles âgées de 14, 15 ans ou même plus jeunes (…). Le bilan physique et psychologique de l’épouvantable violence sexuelle que ces femmes ont subie est catastrophique. Beaucoup ont été torturées et traitées comme des objets. Même celles qui ont réussi à s’échapper demeurent profondément marquées".
Selon l’ONG, beaucoup sont des combattants de l'EI mais d'autres seraient également des sympathisants. Aujourd’hui, Amnesty International dénonce ouvertement des crimes de guerre et contre l’humanité. 

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