Excision : "L'hôpital du plaisir" ne verra pas le jour

Le premier hôpital dans le monde destiné à la reconstruction du clitoris a vu le jour dans le village de Bobo (Burkina Faso). Malheureusement, le gouvernement a bloqué son ouverture au dernier moment.

Excisison : pas d'hôpital de reconstruction du clitoris

Cet hôpital unique au monde avait été surnommé "l'hôpital du plaisir" par ses sponsors.
Dans cette région du Burkina Faso où beaucoup de femmes ont subi l'excision, cette clinique pourrait bien représenter un immense espoir. Toutefois, le gouvernement a décidé de bloquer son ouverture au dernier moment. L'équipe médicale qui venait des États-Unis avait pourtant commencé à intervenir sur des femmes qui affluaient de tout le continent africain en espérant pouvoir se faire opérer, mais il ne pourra sans doute plus recevoir aucune patiente. Le problème ? Le projet a été financé par des Américains membres de la secte de Raël. Son fondateur, Claude Vorilhon, avait notamment lancé une campagne de "déchristianisation de l'Afrique".
Marci Bowers, chirurgienne et gynécologiste, s'était même installée en Afrique. Elle avait par ailleurs déclaré : "La mutilation génitale féminine est un crime contre l'humanité (...). Je prends part à une mission humanitaire. Je ne suis pas Raëlienne mais je pense que ce projet est formidable".
L'excision reste une pratique rependue dans une quinzaine de pays d'Afrique. Selon des chiffres publiés par l'Unicef en 2013, la Somalie compte 98% de filles et des femmes de 15 à 49 ans excisées, la Guinée 96 %, Djibouti 93 % et enfin l'Egypte avec 91 %.

Aujourd'hui dans le monde, trois millions de filles (pour la majorité des filles de moins de 15 ans) sont soumises à cette pratique chaque année, selon les Chiffres du Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP).

L'excision est pratiquée pour diverses raisons : sexuelles (afin de contrôler ou réduire la sexualité féminine), sociologiques (il s'agit d'initier les filles à devenir des femmes, d'assurer leur insertion sociale), hygiéniques et esthétiques (les organes génitaux féminins sont considérés comme sales et laids), sanitaires (une conviction erronée assurerait que cette pratique favorise la fécondité et la survie de l'enfant) et enfin religieux (conviction erronée également selon laquelle l'excision serait une impératif religieux).

La reconstruction du clitoris est pourtant une opération très simple pouvant être effectuée en 45 minutes.  Rappelons que cette pratique est interdite depuis 1998 et qu'il s'agit d'une violation fondamentale des droits des filles. En 2011, elle avait entraîné la mort d'une petite fille de trois ans. 

 
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Excision © Sipa