Les femmes et leurs droits au travail : quel bilan ?

En 2017, la Journée internationale des femmes a pour thème "Les femmes dans un monde du travail en évolution : pour un monde 50-50 en 2030". L'occasion de dresser un état des lieux de la condition féminine dans un univers professionnel en pleine mutation.

Les femmes et leurs droits au travail : quel bilan ?
© 123RF - progressman

Mercredi 8 mars 2017, Journée Internationale des Femmes. Un événement instauré par l'ONU et qui permet notamment, selon l'organisation, de "dresser le bilan des progrès réalisés" et "d'appeler à des changements" pour l'évolution de la cause féminine. Le thème choisi cette année est celui des droits des femmes au travail. Quelle est la place de la gent féminine dans un environnement professionnel changeant, à l'heure de la révolution numérique et de la mondialisation ? En 2017, l'égalité des sexes au travail relève-t-elle davantage du mythe ou de la réalité ?

Avant tout, il convient de rappeler que, comme l'indique l'ONU, seules 50% des femmes en âge de travailler font partie de la main d'oeuvre mondiale, contre 76% des hommes. La gent féminine est donc sous-représentée sur le marché du travail actuel. Plus sidérant encore, on apprend que dans 18 pays du monde, les hommes ont légalement le droit d'empêcher leur femme de travailler. 

L'inégalité des revenus au cœur des débats

 

Infographie: Les inégalités salariales hommes-femmes persistent | Statista Vous trouverez plus de statistiques sur Statista

 

Même s'il est difficile de s'imaginer que le genre soit un facteur de variation des salaires, il s'agit bien d'une (triste) vérité. Selon les données fournies par Eurostat en 2017, les hommes sont en moyenne payés 15,8% de plus que leur homologues féminines, pour le même temps de travail (dans l'Union Européenne, ce chiffre peut s'élever jusqu'à 26,9%, en Estonie). Des chiffres effarants qui, rapportés sur 1 an, signifient que les femmes ont travaillé bénévolement du 7 novembre 2016 jusqu'à la fin de l'année. Contre cette réalité accablante, nombreuses sont les voix qui se sont élevées ces derniers mois. Quand le collectif Les Glorieuses a appelé les femmes à quitter leur poste à 16h34 ce même 7 novembre 2016, des personnalités publiques sont également montées au créneau pour défendre leurs droits. A l'image de Serena Williams qui s'est insurgée dans un long texte sur Instagram d'être moins payée que les athlètes masculins alors qu'elle a fait les "mêmes sacrifices" qu'eux, ou encore Natalie Portman qui a révélé avoir été payée trois fois moins qu'Ashton Kutcher pour le film Sex Friends. Alors, à quand l'équité entre les sexes ? Pas pour maintenant selon le Forum économique mondial, qui a calculé à partir des données actuelles que l'égalité salariale entre les femmes et les hommes ne serait atteinte... qu'en 2186. Alors, autant ne pas attendre 170 ans pour faire bouger les choses.

Un sexisme et des violences alarmants 

L'ONU, toujours elle, nous informe sur son site que seuls 67 pays disposent d'une législation contre la discrimination sexiste à l'embauche. Malheureusement aujourd'hui, le lieu de travail reste bien trop souvent le théâtre de violences sexuelles envers les femmes : une sur cinq y a déjà été harcelée selon une enquête Ifop pour le Défenseur des droits en 2014. Malgré des initiatives telles que des sites créés pour dénoncer ce fléau, le chemin vers le respect et la dignité professionnelle féminine semble encore bien long. 

Une ségrégation professionnelle alarmante 

© ONU

Autre problème majeur, la nature des postes généralement occupés par les femmes. Sur le sujet, l'ONU rappelle que les femmes travaillent très majoritairement dans les services, qui représentent le plus souvent des jobs moins qualifiés, moins rémunérés et plus précaires. Par ailleurs, la gent féminine est largement sous-représentée dans les fonctions décisionnelles. Comme la parité semble difficile à atteindre, lorsque l'on apprend que 70% des start-up mondiales ne comptent aucune femme dans leur conseil d'administration, que 17 des plus grandes entreprises françaises ont des comités exécutifs 100% masculins ou encore qu'il n'y a que 7,7% de filles présidentes des conseils départementaux français... Ces quelques exemples illustrent une réalité plus large, qui réserve les responsabilités aux hommes. Au nom de quoi ?

Un respect des droits non universel 

Les femmes ont toujours lutté pour obtenir des droits fondamentaux dans le monde du travail. Pourtant, il apparaît selon l'ONU que ces derniers ne sont pas acquis. Seuls 63 pays se conforment aux normes minimales en matière de congé maternité. Seules 28% des employées bénéficient de ce droit. Par ailleurs, on apprend que sur notre planète, 65% des femmes à la retraite n'ont pas de pension régulière, contre 35% des hommes. La gent féminine âgée est donc plus sujette à la pauvreté que les hommes. 

Autant de points cruciaux qui démontrent l'importance de mettre la condition professionnelle des femmes au cœur des débats de ce 8 mars 2017. Alors, "une planète 50 - 50 d'ici à 2030" ? Pari tenu. 

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