Entreprises : le pouvoir toujours entre les mains des hommes

PARITÉ - En 2017, les femmes sont toujours quasi-absentes des comités exécutifs ou de direction des grandes boîtes françaises. Tel est le triste constat établi par l'Observatoire Skema de la féminisation des entreprises.

Entreprises : le pouvoir toujours entre les mains des hommes
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Comme chaque année, l'Observatoire Skema (école de commerce Skema Business School) de la féminisation des entreprises a examiné avec attention les rapports annuels de 2016 de 62 des plus importantes sociétés en France, afin de déterminer, entre autres, la part de féminisation de leurs effectifs et de leur encadrement. L'édition 2017 de ce rapport a été publiée à la fin du mois de février. 

Pour resituer ses résultats, il s'agit de rappeler que cette année est celle de l'entrée en vigueur de la loi Copé-Zimmerman, qui oblige les grandes entreprises à compter au moins 40% de femmes dans leurs conseils d'administration. Force est de constater qu'un véritable effort a été mené en ce sens, puisqu'en 2016, les femmes constituent plus de 35% des CA des boîtes étudiées (à titre de comparaison, ce pourcentage était de 8,5% en 2007). 

Malheureusement, si cette première part de féminisation répond à une contrainte légale, d'autres restes facultatives et cela se ressent largement sur les chiffres. Si les femmes représentent plus de 30% des cadres au sein des sociétés, elles n'occupent que 11,6% des comités exécutifs ou comités de direction, là précisément où se trouvent les postes à plus hautes responsabilités, ceux qui détiennent le pouvoir et prennent les décisions clés pour l'entreprise. Pire encore, 17 boîtes parmi celles étudiées ont des comités exécutifs 100% masculins et 18 n'en comportent qu'une seule. La grande difficulté à atteindre la parité là où la loi n'est pas intervenue démontre encore une fois la nécessité d'un cadre législatif en faveur de l'égalité des sexes au travail. 

Par ailleurs, l'étude constate que les entreprises à dominante masculine dans l'encadrement tendent à être de plus en plus masculines dans leur ensemble et inversement. La féminisation des plus hauts postes semble donc être une condition pour la parité de la boîte entière. 

Des femmes aux postes à responsabilités, oui, mais pour quoi faire ? Au-delà même d'être une question de morale, de respect et de bon sens, l'Observatoire Skema de la féminisation des entreprises 2017 démontre que la diversité est un facteur de performance dans les sociétés étudiées. Les boîtes ayant le pourcentage de femmes cadres (telles que L'Oréal ou encore Hermès) le plus élevé sont généralement celles qui ont la meilleure rentabilité opérationnelle, ce qui prouve que les entreprises ont tout intérêt à faire une place plus grande à la gent féminine. A bon entendeur...

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