Sexisme au travail : 3 femmes non-cadres sur 4 en sont victimes

D'après un rapport établi par BVA, la moitié des femmes non-cadres françaises estiment avoir été freinées professionnellement en raison de leur genre, quand 3/4 d'entre elles déclarent être régulièrement confrontées au sexisme. Des chiffres peu reluisants qui confirment que ce fléau est encore omniprésent en entreprise.

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"Je me demande comment elle est arrivée à ce niveau de poste, elle a dû coucher" ; "C'est une réunion Tupperware ?" ; "Elle fait sa blonde ?" Des propos qui peuvent sonner comme une forme d'humour, mais qui résonnent surtout comme des dénigrements machistes. Trois quarts des femmes françaises non-cadres ont déjà entendu ou subi de telles remarques au travail et déclarent avoir ressenti de l'injustice, de la colère ou l'humiliation lorsqu'elles ont été confrontées à des discriminations liées à leur sexe. C'est ce que révèle un rapport* portant sur le sexisme chez les non-cadres, réalisé par le Conseil Supérieur de l'Egalité Professionnelle entre les femmes et les hommes (CSEP) et BVA, publié le 24 novembre, à la veille de la Journée internationale de la lutte contre les violences faites aux femmes. Aussi, la moitié des sondées jugent avoir été freinées dans leur carrière en raison de leur sexe.

Des conséquences néfastes sur la santé

Pour près de 8 Français non-cadres sur 10, le sexisme peut avoir un impact sur la santé, physique ou morale, de ceux et celles qui le subissent, tout comme le fait de travailler dans un environnement où il règne. Ce fléau a des répercussions négatives sur le comportement des femmes : 81% de celles qui l'ont subi ont évité certaines tenues, parfois des collègues, voire même des demandes de postes, pour ne pas avoir à l'affronter. Pourtant, elles sont nombreuses à ne pas avoir réagi ou dénoncé ces agissements (à 63%) par peur des représailles, ou parce qu'elles ont considéré que cela n'aurait servi à rien... Et elles n'ont peut-être pas tort : le rapport révèle aussi que plus de la moitié des femmes qui en ont parlé à leurs supérieurs ou aux représentants du personnel n'ont pas été écoutées ou crues.

Quelles solutions ?

Les salariés non-cadres interrogés, hommes et femmes confondus, ont plébiscité plusieurs mesures pour éradiquer le sexisme au travail. Quatre personnes sur dix estiment que les dirigeants des entreprises devraient condamner via un message fort les agissements machistes. Autrement, hommes et femmes s'accordent (à 36%) sur le fait que des actes de sensibilisation pourraient contribuer à lutter contre le sexisme, quand 41% de la gent féminine pensent qu'il faudrait mettre en place des sanctions. Aussi, les femmes subissent moins de discriminations dans les entreprises qui le combattent. Ce que le gouvernement a entendu : il prend part à la bataille en lançant le kit pour agir contre le sexisme au travail, un outil à destination des employeurs. Le but ? "Donner des clés pour agir concrètement contre le sexisme au travail" en informant sur les notions juridiques et au moyen de fiches repères, tout en proposant des actions, concrètes donc, pour sensibiliser les entreprises et les encourager à s'engager dans le combat. La balle est désormais dans leur camp.

*Consultation menée auprès de 10 068 salarié.e.s non-cadres de grandes entreprises françaises (59% de femmes et 41% d'hommes) et sondage national auprès d'un échantillon représentatif de 1502 salarié.e.s non-cadres (52% de femmes et 48% d'hommes).

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