Médias et femmes PDG aux USA : le désamour

VIE PRO – Pas facile d'être une chef d'entreprise aux Etats-Unis. Selon un rapport de la fondation caritative Rockefeller, les femmes PDG ont plus de chances d'être tenues responsables par les médias américains des problèmes d'une entreprise que leurs homologues masculins.

© baranq/123 RF

Aux Etats-Unis, il est plus facile d'être un homme qu'une femme si on veut diriger une société. Il suffit de jeter un oeil aux chiffres pour le constater : parmi les 500 entreprises les plus importantes du pays, seules 23 sont dirigées par des femmes. Le rapport de la fondation Rockefeller, baptisé "Does the media influence how we perceive women in leadership?", revient sur ce décalage et pointe du doigt le responsable. Si les femmes ont encore du mal à accéder aux plus hautes fonctions, c'est à cause des médias.   

Le rapport souligne l'importance qu'ont les médias dans la formation de l'opinion publique américaine. On apprend que 76% des américains croient aux informations données par les médias nationaux. Les journalistes ont donc une véritable responsabilité dans leur façon de présenter les faits auprès du grand public et, en l'occurrence, de l'image des femmes occupants des postes à responsabilités.

Ces mêmes médias traitent différemment l'actualité liée aux chefs d'entreprises en fonction de leur sexe, accentuant ainsi  les stéréotypes existants sur les hommes et les femmes. 

Des chiffres sans équivoque 

Dans un premier temps, on apprend que les articles de presse ont davantage tendance à parler de la vie privée des chefs d'entreprises si ces derniers sont des femmes. Le sujet est évoqué dans 16% des cas, contre 8% si c'est un homme. Parmi ces articles, 78% mentionnent la vie de famille s'il s'agit d'une femme. Aucune allusion n'y est faite s'il s'agit d'un homme, pour insister sur son passé, ses projets ou sa vie sociale.

Pire encore : si l'entreprise est en situation de crise, une dirigeante sera tenue responsable dans 80% des cas, contre seulement 31% pour un homme ! 

Autre résultat significatif, un article qui parle d'un chef d'entreprise ne va préciser s'il s'agit d'un homme que dans 4% des cas, comme si c'était une évidence, tandis que le genre est indiqué dans 49% des cas s'il est féminin. Ce qui prouve le caractère encore "surprenant" voire "anormal" qu'une femme puisse atteindre ce niveau de responsabilités.

Il faut dire que les chiffres n'aident pas. Le rapport de la fondation Rockefeller rappelle que 100% des nouveaux chefs d'entreprise promus en 2015 aux Etats-Unis étaient des hommes. Nouvelle preuve s'il en fallait une que le chemin vers l'égalité entre les hommes et les femmes dans ce domaine est encore bien long. 

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