Egalité hommes-femmes : le gouvernement lance un plan interministériel

A l'occasion de la 4e semaine de l'égalité professionnelle qui se tient du 3 au 9 octobre, le gouvernement a dévoilé le premier plan interministériel pour lutter contre les écarts de salaire, le manque de parité et de mixité, le sexisme et la discrimination à l'embauche, entre autres.

"Dans le monde du travail, être une femme reste le premier facteur d'inégalité", a regretté Laurence Rossignol dans un communiqué, en citant un rapport récent de France Stratégie sur le coût des discriminations. Et de rappeler qu'une femme sur 5 est victime de harcèlement sexuel au travail, qu'à compétences égales les hommes gagnent 10% de plus que les femmes (et ce, depuis 25 ans), ou que la première femme à diriger une entreprise du CAC 40 a été nommée en 2016. Face à ces constats, le gouvernement a lancé – sous l'impulsion du ministère des Droits des femmes – le premier plan interministériel en faveur de la parité en entreprise, dans le cadre de la 4e semaine de l'égalité professionnelle qui se tient du 3 au 9 octobre.

Pour mener à bien ce combat, le plan cible cinq terrains d'attaque :

  • Lutter contre les stéréotypes sexistes et favoriser la mixité professionnelle
  • Arriver à partager les responsabilités familiales et une articulation des temps de vie améliorée
  • Améliorer l'insertion professionnelle des femmes et promouvoir l'égalité dans l'emploi entre les femmes et les hommes
  • Prévenir et lutter contre le sexisme, les discriminations, les violences à l'encontre des femmes dans le champ du travail
  • Evaluer régulièrement et transversalement les avancées en matière d'égalité professionnelle

Mettre fin aux inégalités : quelles solutions ?

Concrètement, ça donne quoi ? En ce qui concerne la mixité, le gouvernement reprend le "Plan mixité 2014" et envisage et d'augmenter d'ici 2025 de 12% à 33% la représentation des sexes dans des métiers encore trop considérés comme genrés. Le premier plan interministériel en faveur de l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes (PIEP) vise également à sensibiliser les professionnels de la petite enfance à l'égalité filles-garçons et à impliquer davantage les pères au sein du foyer afin de mieux départager les responsabilités familiales.

Pour mieux favoriser l'insertion des femmes en entreprise, le PIEP souhaite pénaliser financièrement les administrations ne respectant pas les règles de nomination paritaire, mais aussi créer un "label Egalité professionnelle entre les femmes et les hommes" dans le but de valoriser "les bonnes pratiques" , ainsi qu'un observatoire de l'entrepreneuriat féminin. Une action de prévention "contre le sexisme, les discriminations et les violences contre les femmes dans l'emploi", sera menée pour informer et accompagner employeurs et employés, quand des études chiffrées, visant à évaluer les progressions en matière d'égalité, seront réalisées. Par ailleurs, "l'Etat [disposant] d'un devoir d'exemplarité", les métiers de la fonction publique seront particulièrement concernés par le PIEP.

"Le premier plan interministériel en faveur de l'égalité professionnelle [...] bénéficie d'un engagement fort du gouvernement qui poursuit et développe des réformes ambitieuses en matière d'égalité entre les femmes et les hommes, d'articulation entre vie professionnelle et vie personnelle et de lutte contre le sexisme", conclut le communiqué. Espérons que lesdites réformes ne soient pas trop "ambitieuses".

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