Prix Pulitzer 2018: Kendrick Lamar sacré, le scandale Weinstein exposé

Le conseil du prix Pulitzer a remis ses distinctions lundi 16 avril. Et c'est une première dans la catégorie musique avec la consécration d'un rappeur, Kendrick Lamar, pour son album DAMN. Du côté du journalisme de service public, la récompense a été attribuée au 'New York Times' et au 'New Yorker' pour leurs révélations sur l'affaire Weinstein. Un cru 2018 hautement engagé.

Prix Pulitzer 2018: Kendrick Lamar sacré, le scandale Weinstein exposé
© Joel C Ryan/AP/SIPA

Pour la première fois en 75 ans, le prix Pulitzer de la catégorie musique a été attribué à un artiste de musique moderne populaire. C'est le rappeur Kendrick Lamar qui s'est vu remettre le fameux trophée pour son dernier album, DAMN. Jusqu'ici, le prix Pulitzer était majoritairement remis à des interprètes de musique classique, même si à deux reprises, en 1997 et 2007, le compositeur de jazz Wynton Marsalis et le saxophoniste Ornette Coleman l'avaient emporté. Cette année est donc historique, puisque la distinction, considérée comme élitiste, sacre un artiste hip-hop et à une plus large échelle, la musique populaire : une première dans son histoire. 

Un chanteur engagé

Déjà auréolé de cinq Grammy Awards en 2018, Kendrick Lamar remporte avec le Pultizer l'un des prix les plus prestigieux au monde. La raison de consécration ? Ses textes forts et engagés. Considéré comme un musicien politique, Kendrick Lamar évoque régulièrement dans ses chansons des sujets de société qui lui tiennent à cœur, telle que la condition des Noirs aux Etats-Unis. Un des titres de son précédent album, Alright, était d'ailleurs devenu l'hymne non officiel du mouvement militant Black Lives Matter en 2015. Le conseil du Pulitzer, à qui revient la lourde tâche d'attribuer le prix, a ainsi qualifié l'album DAMN. de "collection de morceaux plein de virtuosité, unifiée par l'authenticité de sa langue et une dynamique rythmique qui proposent des photos marquantes, capturant la complexité de la vie moderne des Afro-Américains". Si la catégorie "musique" a porté en triomphe un artiste politique, elle n'a pas été la seule à être engagée. 

L'affaire Weinstein

La catégorie "journalisme de service public", catégorie la plus prestigieuse du prix Pulitzer, a récompensé les journalistes du New York TImes, Jodi Kanto et Megan Twohey ainsi que Ronan Farrow du New Yorker pour leur couverture de l'affaire Weinstein. En octobre 2017, ces journaux américains avaient porté au grand jour les accusations de nombreuses femmes envers le producteur de cinéma hollywoodien pour harcèlement sexuel et viols. Des révélations qui avaient entraîné une libération de la parole du côté des anciennes victimes d'Harvey Weinstein, mais aussi des victimes de dizaines d'hommes de pouvoir dans les milieux du showbiz ou de la politique. Dans la même veine, le Washington Post a lui aussi été gratifié, en recevant le prix Pulitzer dans la catégorie journalisme d'investigation. Le quotidien américain avait été le premier à publier les témoignages des victimes présumées de Roy Moore, ancien magistrat ultra-conservateur, accusé d'agressions sexuelles sur mineures. 

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