Winnie Mandela : une vie entre lutte et polémique

Winnie Mandela, symbole de la résistance contre l'apartheid en Afrique du Sud et ancienne femme de Nelson Mandela, est morte à 81 ans. Une icône à l'image écornée.

Winnie Mandela : une vie entre lutte et polémique
© Sumaya Hisham/AP/SIPA

"Nous avons perdu une mère, une grand-mère, une amie, une camarade, une meneuse et une icône." C'est en ces mots que le président sud-africain Cyril Ramaphosa a salué la mémoire de Winnie Mandela. La figure de la lutte contre l'apartheid et ex-femme de Nelson Mandela est décédée lundi 2 avril à Johannesburg, après des mois de maladie. Elle avait 81 ans.

Avant de devenir militante contre la ségrégation, la "mère de la nation" sud-africaine naît en 1936 en tant que Nomzamo Winifred Zanyiwe Madikizela. A 20 ans, alors qu'elle est assistante sociale, elle rencontre Nelson Mandela. En 1958, le couple se marie. Deux enfants verront le jour. Plus qu'un duo amoureux, Nelson et Winnie forment un binôme complémentaire dans la bataille pour l'égalité. Quand son époux est emprisonné, la résistante garde le poing levé et devient le visage de la lutte contre le régime ségrégationniste. Un symbole qui ne pliera pas malgré les menaces et les coups durs.

Winnie Mandela a passé 13 ans derrière les barreaux en 1969. Une passade difficile, mais qui l'endurcit. Si son mari est respecté pour son pacifisme, elle est connue pour son franc-parler et ses méthodes moins diplomates. Elle incite à la violence dans un discours qui restera le plus emblématique de sa vie quelques années plus tard : "Nous n'avons pas de fusil, nous avons seulement des pierres, des boîtes d'allumettes et de l'essence. Ensemble, main dans la main, avec nos boîtes d'allumettes et nos "necklaces" [pneus enflammés au cou des traîtres], nous allons libérer ce pays." Divorcée de Madiba après 38 ans de vie commune, elle est jugée coupable de violations des droits de l'homme : sa milice a torturé à mort un informateur de 14 ans. Elle sera ensuite condamnée à 4 années d'emprisonnement pour de multiples vols et de la fraude. Ces affaires ternissent son image.

Un hommage national est prévu le jour de ses obsèques, le 14 avril. A l'annonce de sa disparition, plusieurs dizaines de personnes se sont retrouvées devant son domicile de Soweto pour chanter et danser en sa mémoire.

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