Près de trois-quarts des femmes sont victimes de cyberviolence

Le Haut Conseil à l'Egalité s'alarme des violences faites aux femmes en ligne dans un rapport remis au secrétaire d'Etat chargé du Numérique, Mounir Mahjoubi. Après un constat sans appel, le HCE incite les pouvoirs publics et les géants du Web à réagir. Une série de 28 mesures pourrait enrayer le phénomène.

Près de trois-quarts des femmes sont victimes de cyberviolence
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Soixante-treize femmes sur cent sont victimes de violences sur Internet et 18% de manière grave. Ces chiffres sont issus d'un rapport inédit remis au secrétaire d'Etat chargé du Numérique, Mounir Mahjoubi, par le Haut Conseil à l'Égalité (HCE). Et ce n'est pas tout. Presque la moitié des Françaises (46%) auraient déjà reçu des messages sexuellement explicites de la part d'inconnus. Certaines situations sont subies par 11% depuis l'adolescence, ce qui mène parfois au pire. Tout le monde se souvient de la jeune Marion Fraisse, suicidée à 13 ans après un harcèlement acharné.

Cette brutalité est encore minimisée par rapport aux autres formes de violences (physiques et morales) subies par les femmes. Pourtant, ce qui se passe en ligne est bien tangible. Insultes, menaces ou incitations à la haine ont les mêmes conséquences sur l'espace numérique que "dans la vraie vie". Ces attaques passent par tous les canaux : sites, applications, réseaux sociaux (sur lesquels 92% des contenus sexistes signalés ne sont pas supprimés*), forums, blogs, jeux vidéos et messageries électroniques...

28 mesures pour enrayer la cyberviolence

Le rapport, intitulé "En finir avec l'impunité des violences faites aux femmes en ligne : une urgence pour les victimes", a été établi dans le cadre du Tour de France de l'égalité, à l'initiative de Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat en charge de l'Egalité entre les femmes et les hommes. La commission sollicite vivement les pouvoirs publics et les acteurs du numérique à prendre les mesures nécessaires pour en finir avec ces violences.

Le HCE a donc établit une liste de vingt-huit mesures. Il s'agit dans un premier temps de prendre conscience de la gravité du phénomène, via des campagnes de communication, et de faire évoluer le droit. L'impunité du harcèlement sexiste et sexuel en ligne doit également stopper. Les réseaux sociaux sont appelés à s'engager et à respecter le délai maximal de réponse fixé à 24h sur leur plateforme. Ces recommandations concernent aussi la lutte contre la pédocriminalité en ligne et le cyberproxénétisme. Enfin, la lutte ne se fera pas sans une meilleure prise en charge des victimes, que les conséquences soient somatiques ou psychosomatiques.

Au cours des mois de juin et de juillet 2017, le Haut Conseil a également réalisé un test sur les réponses aux signalements de contenus sexistes par les principaux réseaux sociaux (Facebook, Twitter et YouTube), avec l'appui du collectif " Féministes contre le cyberharcèlement ", de la Fondation des femmes et de l'association En Avant Toutes. 

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