Demandeuses d'asile : le HCE exhorte à protéger les femmes

Trois demandeurs d'asile sur dix sont des femmes. Le Haut Conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes a publié ses recommandations pour améliorer leurs conditions. Plusieurs pistes sont explorées : garantir leur sécurité, mettre en place des centres d'accueil pour femmes isolées ou reconnaître la lutte pour les droits des femmes comme motif de persécution.

Demandeuses d'asile : le HCE exhorte à protéger les femmes
© Salvatore Cavalli/AGF/SIPA

Un tiers des demandeuses d'asile est une femme, selon un rapport publié par le Haut Conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes le 18 décembre, à l'occasion de la Journée Internationale des migrants. "Il y a une conviction dans l'opinion publique selon laquelle le phénomène migratoire est masculin. C'est faux", observe le président de la commission droits des femmes du HCE, Maxime Forest, à BFMTV.

D'après les statistiques, si les migrantes cherchent à trouver refuge dans d'autres pays, c'est principalement pour échapper aux violences faites aux femmes. Ainsi, celles qui viennent du Kosovo ou d'Albanie fuient les violences domestiques tandis que les demandeuses d'asile originaires d'Afrique de l'Ouest tentent surtout d'échapper aux mariages forcés et aux mutilations sexuelles féminines.

Dans le rapport dédié à Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l'Intérieur, l'organisation salue une meilleure prise en compte des spécificités du genre depuis la réforme du droit d'asile mise en place en 2015, en France. Quelques pistes sont avancées pour améliorer les conditions de vie des migrantes et leur permettre d'accéder plus facilement au droit d'asile.

Protéger les femmes seules

En premier lieu, le HCE souhaite "une prise en charge spécifique des femmes isolées pour garantir leur sécurité". Maxime Forest déplore : "Même en Cada (centre d'accueil de demandeurs d'asile, ndlr), il y a des risques pour ces femmes de traite, de mise sous tutelle, d'exploitation sexuelle ou par le travail, les cas sont fréquents". L'organisation dénonce le manque de places dans les centres d'accueil et propose de créer des établissements dédiés à la gent féminine afin de limiter les risques.

Se conformer aux délais

Elle préconise également de s'appliquer à respecter les délais d'enregistrement des demandeurs d'asile. La loi fixe l'échéance à 10 jours en cas de forte affluence, mais dans les faits, les demandes peuvent prendre jusqu'à six semaines.

Reconnaître le combat pour les droits des femmes

Enfin, le HCE exhorte à reconnaître que la lutte pour les droits des femmes – le combat contre les mariages forcés ou les mutilations sexuelles, par exemple – peut constituer "un motif de persécutions". Les risques que représentent ces prises de position sont rarement prises en compte en France.

Alors que les les migrantes vivent dans des conditions déplorables le Journal du Dimanche a révélé les contours du projet de loi "immigration-asile" proposé par le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb,  le 17 décembre. Le texte propose une réponse répressive à la problématique migratoire. Par exemple, il préconise d'augmenter les effectifs de la police des frontières afin d'expulser plus facilement les déboutés du droit d'asile. Une difficulté supplémentaire pour ces populations marginalisées.

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