En Europe, le droit à l'avortement régresse

Un rapport publié par le Conseil de l'Europe fustige une régression du droit des femmes en matière d'avortement, dans les États membres. Le texte met en garde l'Italie, la Russie, l'Arménie ou encore la Pologne et propose quelques recommandations à suivre pour garantir le respect des droits humains.

En Europe, le droit à l'avortement régresse
© ISABELLES/SIPA

Le recul des droits des femmes en Europe : c'est le constat alarmant d'un rapport publié par le Conseil de l'Europe, le 5 décembre. "On observe une tendance préoccupante dans l'ensemble de l'Europe [...] à revenir en arrière sur les garanties obtenues par les femmes, notamment en introduisant des restrictions aux droits à l'avortement et à la contraception", explique Nils Muiznieks, Commissaire aux Droits humains du Conseil de l'Europe.

Le texte pointe du doigt des pays comme la Slovaquie, qui interdit explicitement la prise en charge des contraceptifs par la sécurité sociale, l'Arménie, la Macédoine, la Géorgie, ou la Russie. Ces dernières années, des projets de loi et autres propositions d'interdiction de l'IVG ont fusé à travers l'Europe. En 2014, Mariano Rajoy, le Premier ministre espagnol, avait mis en place un projet de loi qui visait à interdire le droit à l'avortement, sauf en cas de viol et de risque pour la santé de la mère. L'initiative a finalement été abandonnée, mais il s'en est fallu de peu pour que l'Espagne rejoigne le clan des huit pays européens qui mènent une politique extrêmement restrictive en matière d'avortement. Parmi eux, on compte l'Irlande du Nord, la Pologne, Monaco, ou encore Malte (où l'IVG est totalement interdit).

L'avortement, un droit bafoué

"Même dans les pays où la loi est moins restrictive, les femmes doivent parfois faire face à des obstacles importants", assure Nils Muiznieks. En Turquie, par exemple, une femme mariée ne peut interrompre sa grossesse qu'avec l'accord de son époux. En Italie, 70% des professionnels de santé n'autorisent pas l'avortement et invoquent une clause de conscience pour se justifier. Les Italiennes peinent souvent à trouver un médecin disposé à pratiquer l'IVG, à tel point que certaines finissent par dépasser le cadre légal et se voient dans l'obligation de mener leur grossesse à terme. 

Dans le rapport, le Commissaire aux Droits de l'homme soumet également quelques recommandations aux États membres du Conseil de l'Europe. Il préconise ainsi de "veiller à ce qu'un budget suffisant soit alloué à la santé sexuelle et reproductive", "garantir une éducation sexuelle complète" ou encore "veiller à ce que des méthodes de contraception efficaces soient abordables". Des consignes pertinentes... si ces pays daignent les appliquer. 

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