Violences faites aux femmes : cent personnalités répondent à Macron

Le 25 novembre, Emmanuel Macron prononçait son discours très attendu sur les violences sexuelles et sexistes. Il y annonçait des mesures qui semblaient aller dans le bon sens. Un collectif de cent personnalités a fustigé les initiatives annoncées par le président de la République, dans une tribune publiée dans "Le Monde".

Violences faites aux femmes : cent personnalités répondent à Macron
© Etienne Laurent/AP/SIPA

"Comment peut-on se contenter de si peu face à la réalité des violences infligées aux femmes dans notre pays ?" lit-on dans une tribune publiée par Le Monde. Cent personnalités - dont la militante Caroline de Haas ou le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez - ont adressé une lettre ouverte à Emmanuel Macron afin de commenter son discours sur les violences faites aux femmes du 25 novembre dernier. Le président de la République avait promis d'énoncer des mesures concrètes qui iraient dans le bon sens. Verdict ? Selon les féministes, le bilan est plus que mitigé.

Après avoir félicité la création de "dix unités de psycho-traumatologie dans les centres hospitaliers" et l'allongement "des délais de prescription pour les mineurs", le collectif ironise sur l'augmentation minime du budget alloué au secrétariat d'Etat à l'Égalité femmes-hommes : "Le budget du secrétariat d'Etat sera 'sanctuarisé à son plus haut niveau', 30 millions d'euros. En 2017, il était de 29,81 millions d'euros. Les féministes mesurent l'effort sans précédent", lit-on dans la tribune.

Apparences trompeuses

Durant son allocution, Emmanuel Macron avait annoncé l'augmentation des crédits interministériels dédiés à l'égalité femmes-hommes qui devraient atteindre 420 millions d'euros en 2018, contre 397 millions d'euros en 2017. Sur son compte Twitter, le 27 novembre, Caroline de Haas avait affirmé s'être penchée sur le rapport du ministère du Budget pour comprendre comment ce budget supplémentaire serait utilisé. Verdict ? Cette mesure constituerait de la poudre aux yeux. Si l'initiative paraît bonne, la tribune interpelle : "Les 20 millions supplémentaires reprennent des actions qui sont déjà effectuées".
Les signataires fustigent également la non-augmentation du budget consacré aux droits des femmes ou aux violences sexuelles. "C'est ce qui s'appelle une opération de communication", conclut la tribune. Un éternel recommencement.

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