Violences sexuelles : les célébrités interpellent Macron

Dans une tribune publiée au "JDD", 100 femmes ont exhorté Emmanuel Macron à mettre en place des mesures pour en finir avec les violences sexuelles. Parmi elles, des artistes, des écrivaines ou des femmes issues de la société civile.

D'aucuns disent que la solidarité féminine n'existe pas. Cette lettre ouverte adressée au Président Emmanuel Macron prouve le contraire. Cent femmes artistes, écrivaines, journalistes, ou médecins, ont signé une tribune initiée par des militantes féministes dans le Journal du dimanche. Elles revendiquent la mise en place d'un "plan d'urgence contre les violences sexuelles". Parmi elles, on compte Louane, Alexandra Lamy, Agnès Jaoui, Imany ou encore Lisa Azuelos.

Avec le scandale Weinstein et la multiplication des témoignages de victimes à travers le monde, les consciences ont été éveillées. Après la parole, viennent les actes. "Certaines ne sont plus là pour signer cette tribune, mortes sous les coups", interpelle la tribune avant de suggérer plusieurs mesures à mettre en œuvre.

Une batterie de propositions

Première disposition : doubler les subventions accordées aux associations qui aident, par téléphone ou autre, les femmes victimes de violences sexuelles. Puis, les signataires proposent de mettre en place une formation professionnelle pour ceux (ou celles) dont le métier peut amener à être en contact avec des victimes, comme les "enseignant.e.s, magistrat.e.s, policier.e.s, gendarmes, professionnel.e.s de santé". Soulignons au passage l'emploi de l'écriture inclusive.

La troisième proposition consiste à instaurer un examen du brevet de la non-violence au collège, sur le même modèle que l'examen du brevet de la sécurité routière que l'on passe en classe de 5ème et de 3ème. Une façon d'éduquer les jeunes esprits. Alors qu'une femme sur cinq est harcelée au travail, les signataires de la tribune suggèrent également de prodiguer une formation à la prévention de ce fléau pour tous les salariés et leurs supérieurs. La dernière mesure, et pas des moindres, consiste à lancer une campagne nationale de prévention "aussi importante que celles sur la sécurité routière" qui a contribué à "diviser par 4 le nombre de morts sur les routes".

Marlène Schiappa riposte

La secrétaire d'Etat à l'Egalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, a répondu à cette tribune sur LCI. "La plupart des choses proposées, nous sommes déjà en train de les faire", a-t-elle déclaré en faisant référence à son projet de loi contre les violences sexuelles qui sera présenté au premier semestre 2018.

"C'est faux. Aucune de nos 5 propositions n'est aujourd'hui prévue à l'agenda et financée", réplique la militante Caroline de Haas dans un billet sur Mediapart. Et d'ajouter : "Nous attendons un calendrier précis de mise en oeuvre et un budget dédié à la hauteur de l'enjeu. Nous réitérons notre demande d'être reçues par le Président de la République pour travailler à la réalisation de ce plan d'urgence". A bon entendeur...

La pétition est disponible sur Change.org et plus de 80.000 internautes l'ont déjà signée. Vous aussi ?

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