L'élection de Miss Pérou devient une tribune contre les violences faites aux femmes

Au lieu de donner leurs mensurations comme prévu, les candidates à l'élection de Miss Pérou 2018 ont dénoncé les violences faites aux femmes dans leur pays, en direct à la télévision. Une manière efficace d'éveiller les consciences.

L'élection de Miss Pérou devient une tribune contre les violences faites aux femmes
© Miss Pérou 2018 - Euronews

Un podium, des femmes en robe à paillettes, un public attentif et… un message fort. Lors de la soirée d'élection de Miss Pérou 2018, les 23 finalistes du concours ont profité de leur passage sous les projecteurs pour mettre en lumière la réalité des violences faites aux femmes. Au moment d'énoncer leurs mensurations, les Miss ont énoncé des chiffres qui n'avaient rien à voir avec leur tour de taille. "Mon nom est Camila Canicoba et mes mensurations sont 2.202 féminicides en neuf ans dans mon pays", a martelé l'une d'entre elles. Puis, les statistiques ont continué de fuser : "Une fillette meurt toutes les dix minutes à cause de l'exploitation sexuelle", "plus de 70% des femmes au Pérou sont victimes de harcèlement de rue", "13.000 filles sont victimes d'abus sexuels dans notre pays".

Donner de la voix pour libérer la parole

L'initiative a été lancée par Jessica Newton, Miss Pérou 1987. "Malheureusement, il y a beaucoup de femmes qui ne savent pas et pensent être des cas isolés. La reine de beauté nationale doit être l'ambassadrice des femmes qui se tiennent debout, de toutes celles qui n'ont pas de voix", explique-t-elle à l'AFP.

Le sujet du sexisme n'est pas étranger à ces jeunes femmes. Sur les 150 candidates au concours, cinq ont été victimes de violences. Leur prise de parole était un moyen de faire prendre conscience de la gravité de la situation, alors que le Pérou est le deuxième pays d'Amérique du Sud avec le plus grand nombre de femmes violées, derrière la Bolivie, selon l'Observatoire de la sécurité citoyenne. Après les dénonciations du harcèlement sexuel avec #MeToo et #BalanceTonPorc, la lutte continue.

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