Harcèlement sexuel : les hommes parlent aussi

Parce que les femmes ne sont pas seules dans le combat contre le harcèlement sexuel, des hommes de notoriété publique ont pris la parole dans les colonnes du Parisien - Aujourd'hui en France. François Hollande, Michel Cymes ou Julien Clerc pour ne citer qu'eux prouvent qu'on est #TousConcernés.

L'affaire Harvey Weinstein aura permis de délier les langues. Toutes les langues. Après les témoignages contre le producteur hollywoodien, d'autres voix s'élèvent pour dénoncer les violences sexistes : 200 témoignages contre le réalisateur des Gardiens de la Galaxie James Toback, cinq plaintes pour agression sexuelle contre le producteur canadien Gilbert Rozon, une révélation de viol au sein du groupe de rock Crystal Castles, une plainte pour viol contre Tariq Ramadan et une pluie de messages postés sur les réseaux sociaux par des inconnues sous les hashtags #metoo et  #balancetonporc. Les femmes osent enfin dénoncer leurs bourreaux, demander une justice ou juste s'exprimer sur ce qu'elles subissent depuis tant d'années, conséquence d'un sexisme bien ancré.

Parler pour agir

Voici trois semaines que les scandales font grand bruit, sauf du côté de la gent masculine, plutôt mutique sur le sujet. Pour faire bouger les choses et parce que le problème est d'une telle ampleur que tout le monde doit se sentir concerné, Le Parisien - Aujourd'hui en France a demandé à plus de 16 hommes célèbres de s'exprimer sur le sujet.
François Hollande, Elie Semoun, Julien Clerc, Yves Camdeborde, Philippe Geluck, François Berléand, Christian Estrosi, Bruno Solo, Alain Afflelou, François de Rugy, Nikola Karabatic, Michel Cymes, Marc Lièvremont, Brahim Asloum, Serge Hefez, David Pujadas, Jean-Christophe Lagarde ou encore Marc Missonnier ont dénoncé ce qu'ils ne supportent plus ou ce qu'ils ont subi eux-mêmes. "Il n'y a pas que les femmes qui doivent prendre la parole pour dénoncer le harcèlement. C'est toute la société qui doit se lever pour empêcher, dissuader et condamner ces agissements. N'attendons pas une nouvelle loi pour que la justice applique fermement le code pénal sur le harcèlement", déclare l'ancien président de la République, quand le médecin préféré des Français révèle avoir été victime d'attouchements dans le métro.

Silence complice ?

Certaines féministes, sur Twitter notamment, s'insurgent que le quotidien ait donné la parole aux hommes et pas aux premières victimes : les femmes. Des attaques que le journal a anticipées en expliquant avoir voulu "briser le silence complice" qui semble frapper ces messieurs depuis plusieurs semaines. "Quand une amie m'a dit qu'elle ne comprenait pas le silence des hommes après les affaires Weinstein et Rozon, je me suis senti coupable", résume le comédien Elie Semoun. Il serait temps de tous élever la voix, ensemble, pour dire "stop".

Voir aussi :