"Manspreading" : vers une mobilisation des transports parisiens ?

Le collectif espagnol Mujeres en Lucha part en guerre contre les hommes qui prennent trop de place dans le métro avec leurs jambes. Inspirés par cette mesure, trois conseillers régionaux ont lancé une pétition pour inciter Valérie Pécresse à prendre les mesures nécessaires dans Paris et sa région.

"Manspreading" : vers une mobilisation des transports parisiens ?
©  Juan Carlos Villarejo/AP/SIPA

[Mise à jour du 29/06/2017 à 11h48] Trois conseillers régionaux socialistes ont lancé une pétition qui a récolté plus de 18 000 signatures, interpellant Valérie Pécresse. Isabelle Beressi, François Kalfon et Jonathan Kienzlen ont ainsi demandé à la présidente du conseil régional d'Île-de-France d'organiser une campagne de sensibilisation dans les transports en commun, au travers "d'affichages et de nouveaux pictogrammes à bord des rames". Une mesure que Valérie Pécresse souhaiterait entreprendre dans les prochains mois.

Le mouvement féministe Mujeres en Lucha (Femmes en Lutte) a lancé mi-juin une campagne contre le manspreading, cette fâcheuse habitude masculine qui consiste à trop écarter les jambes dans les transports en commun sans prendre en considération le confort de son/sa voisin(e). Pour remédier à ce comportement jugé machiste, le collectif a lancé une pétition qui a récolté près de 13 000 signatures. En réaction à cette initiative de taille, la mairie de la capitale espagnole a lancé sa propre campagne de sensibilisation, accompagnée du hashtag #MadridSinManspreading,concrétisée par l'apparition d'un nouveau pictogramme dans les bus et trains madrilènes grâce au parti politique d'extrême gauche Podemos.

Une mobilisation qui gagne du terrain

Loin d'être la première à s'être mobilisée contre cette tendance enrageante, les villes de Séoul, New York, Vancouver et Tokyo ont également interdit la posture de "l'homme qui s'étale" dans leurs transports en commun. En France, la lutte pour l'espace vital s'avère plus compliquée. "Nous n'avons pas eu de remontées de terrain de la part d'opérateurs, RATP et SNCF, ni de la part d'associations d'usagers" ont déclaré la région d'Île-de-France et le Stif, le syndicat régional des transports, interrogés par 20 Minutes. Pour l'entourage de Valérie Pécresse, la présidente de la région, le manspreading n'existerait donc pas en France… et pourtant.


Mépris total 

Inspirées par la campagne madrilène, les Françaises dénoncent cette attitude désagréable sur les réseaux sociaux, preuve à l'appui. Le changement n'étant pas prêt de montrer le bout de son nez, l'association Osez le Féminisme hausse aujourd'hui le ton, dans une lettre que LCI s'est procurée. Qualifiant le manspreading de "Syndrome des Couilles de Cristal", le collectif demande à la RATP de traiter "la problématique du sexisme dans [ses] infrastructures", en mettant la compagnie en garde "de ne plus présager à l'avenir de ce que vivent les femmes dans les transports en commun". "La RATP est en plein déni de réalité […] Face à leur mépris, on a voulu leur rappeler", dénonce Raphaëlle Rémy-Leleu auprès de LCI. Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat à l'égalité entre les hommes et les femmes, n'aurait prévu aucune campagne de sensibilisation en estimant faire face à un problème "qui relève du ministère des Transports", mais soutient néanmoins le combat. Le "manspreading" prend de plus en plus de place... Pourtant, une simple refléxion adressée à l'indélicat et un peu de civsime de sa part suffiraient à éradiquer le phénomène.

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