Jean-Luc Mélenchon et François Fillon s'affrontent sur l'IVG

PRESIDENTIELLE - François Fillon et Jean-Luc Mélenchon ont une conception différente du droit à l'avortement. Si le candidat Les Républicains n'entend pas remettre en cause cet acquis consacré par la loi Veil, en 1975, il veut supprimer le délit d'entrave à l'IVG. Tout le contraire du candidat de la France Insoumise.

Jean-Luc Mélenchon et François Fillon s'affrontent sur l'IVG
© Montage SIPA

Le droit à l'avortement s'est invité dans la campagne présidentielle de manière radicalement différente cette semaine. Alors que François Fillon a exprimé son souhait d'abroger la loi sur le délit d'entrave numérique à l'IVG en cas de victoire à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon souhaite de son côté inscrire ce droit dans la Constitution, pour qu'il soit définitivement protégé.

Dans un entretien à l'hebdomadaire Famille Chrétienne, en kiosques le 23 mars, François Fillon se dit prêt à revenir sur la loi sur le délit d'entrave numérique à l'IVG, proposée par le Parti socialiste et adoptée le 16 février par le Parlement. "Le texte ne me convient pas. Il existe déjà des lois pour réprimer les propos ou les actes contraires à la liberté. J'étais contre l'instauration du délit d'entrave numérique et je constate que la décision du Conseil constitutionnel conforte mon idée qu'il faut prendre garde à la liberté d'expression. Il est en effet paradoxal de brader une liberté au nom d'une autre liberté". Le candidat Les Républicains exclut toutefois de revenir sur la loi Veil, mais déclare que l'avortement doit "rester un dernier recours, autant que faire se peut".      
Rappelons que la loi du 16 février a pour objectif de pénaliser les sites faisant de la désinformation sur l'avortement pour dissuader les femmes qui voudraient recourir à l'Interruption Volontaire de Grossesse. Il étend au numérique le délit d'entrave à l'IVG, créé en 1993 et sanctionnant de 2 ans de prison et 30 000 euros d'amende le fait d'empêcher un avortement en perturbant l'accès aux établissements ou en menaçant le personnel médical ou les femmes enceintes.

La position de François Fillon se heurte à celle, diamétralement opposée, de Jean-Luc Mélenchon qui veut, lui, inscrire le droit à l'avortement dans la Constitution. Le candidat de la France Insoumise a exprimé cette idée cette semaine sur Europe 1 et l'a répétée samedi 18 mars lors d'un discours place de la République à Paris, à l'issue d'une marche ayant rassemblé 130 000 personnes selon son équipe. "Il est temps d'inscrire à la Constitution le droit à l'avortement car le corps de chaque femme lui appartient absolument et exclusivement", a déclaré le candidat. Avant d'ajouter : "Il s'agit d'un droit inaliénable et notre Constitution doit le proclamer solennellement."

Quand d'un côté, François Fillon ne voit pas de problème à ce que des sites pro-vie manipulent des femmes pour les inciter à garder leur enfant, Jean-Luc Mélenchon propose de protéger le droit pour ces femmes de décider quoi faire de leur corps. Parce qu'en 2017, visiblement, c'est encore et toujours aux hommes de faire autorité sur la question...

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