François Fillon et les femmes, tout un programme

A l'occasion de la Journée Internationale des Droits des Femmes, mercredi 8 mars, François Fillon a détaillé ses mesures pour les Françaises. Le Journal des Femmes a assisté à son discours, au quartier général des Républicains.

© NICOLAS MESSYASZ/SIPA

C'est fou l'importance que les dates peuvent avoir dans la sphère politique. Le calendrier est rythmé par les commémorations, les scrutins ou les Journées mondiales. Au hasard, le 8 mars, Journée Internationale des Droits des Femmes. C'est précisément ce jour qu'ont choisi de nombreux candidats à l'élection présidentielle pour dévoiler leur programme pour les Françaises. Opportunisme politique ou clin d'œil volontaire au calendrier ? François Fillon y est lui aussi allé de son meeting, organisé au QG des Républicains mercredi par le collectif "Les Femmes avec Fillon", pour dévoiler ses mesures à destination de ces dernières. Hasard du calendrier là-encore, mais l'effet miroir est savoureux, alors que plane encore sur le candidat "l'affaire Penelope". Le Journal des Femmes y était.

Les femmes sont venues en masse ce soir-là. Le premier étage du bâtiment, situé dans le 15e arrondissement de Paris, est bondé. Les murs sont habillés avec des photos de François Fillon en campagne tandis que les haut-parleurs diffusent un morceau de musique classique, étouffé par le brouhaha de la salle. Le public n'est pas très discipliné : une femme demande plusieurs fois aux visiteurs de s'asseoir pour libérer les couloirs, en vain. Les murmures ambiants sont finalement remplacés par de chaleureux applaudissements quand François Fillon fait son apparition. Le public se lève et l'ancien Premier ministre fait le tour de la pièce, serrant des mains alors que la foule scande "Fillon président !". A gauche, un groupe de femmes se fait prendre en photo, bras dessus bras dessous, comme des jeunes à un concert.

"Arrêtons de nous voiler la face"

Le candidat commence son allocution en résumant la problématique en ces termes : "Réfléchir à ce que l'on peut faire de plus pour que les femmes occupent l'espace qui leur revient dans la société", ajoutant qu'il y a des "raisons d'être vigilants et inquiets aujourd'hui" compte tenu de ce que vivent les femmes en France. "Arrêtons de nous voiler la face", assène-t-il - le double sens de la formule déclenche l'hilarité de la salle et des applaudissements nourris. François Fillon réaffirme la nécessité de défendre les jeunes filles dans les cités et réclame la fermeture des lieux de cultes où "on appelle à la haine et à la violence". Il rappelle qu'il est essentiel de ne pas banaliser les incivilités dont sont victimes les femmes dans l'espace public et égraine ses propositions pour lutter contre les violences conjugales, comme le développement de l'hébergement d'urgence ou la mise en place d'intervenants sociaux dans les gendarmeries.

Un gouvernement paritaire en cas de victoire

Arrive ensuite le sujet de la famille et la gestation pour autrui, auquel il est fermement opposé. François Fillon réaffirme sa volonté de protéger "le droit de l'enfant et non le droit à l'enfant". Nouvelle salve d'applaudissements, ponctués de quelques "bravos !".    
En matière d'emploi et à propos des inégalités salariales entre hommes et femmes, le candidat LR ne détaille pas de mesures concrètes, mais estime qu'il faut faire du redémarrage de l'économie une priorité pour atteindre le plein emploi. Celui-ci aura inévitablement un impact sur la rémunération des femmes puisque les salariés auront le choix de l'entreprise dans laquelle ils vont.
Enfin, François Fillon promet un gouvernement paritaire en cas de victoire, le 6 mai, et conclut son discours en se félicitant d'avoir pu compter sur le soutien du collectif "Les Femmes avec Fillon" depuis le début de sa campagne. "Je pense d'ailleurs être le seul à avoir un mouvement".

Après presque 30 minutes de discours, François Fillon s'éclipse, pour laisser place à des tables rondes sur les violences faites aux femmes, la monoparentalité ou l'égalité hommes-femmes. Des échanges auxquels il n'a donc pas assisté. Le lendemain de ce rassemblement, jeudi 9 mars, il dévoilait une partie de son nouveau comité de campagne : Christian Jacob, Bruno Retailleau et Luc Chatel. Trois hommes, comme pour rappeler que la Journée des Droits des Femmes ne dure effectivement que 24 heures. Opportunisme ou hasard du calendrier ? On vous laisse juge.

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