Et si la cagole avait tout bon ?

Justice est rendue à la bimbo du Sud dans "Cagole Forever", diffusé mercredi 15 février sur Canal +. Alors, la cagole, summum de la vulgarité ou figure alternative de la féminité ?

Et si la cagole avait tout bon ?
© Capture d'écran "Cagole Forever"

La cagole est un lot de "trop". Une bouche trop crayonnée, un teint trop hâlé, des mèches trop blondes, une poitrine trop refaite, un accent trop chantant, des talons trop hauts... Perçue comme frivole et bruyante, la pouf du 06 ne s'attire même pas les faveurs du Larousse qui la dit "extravertie, un peu écervelée et vulgaire". Même la bimbo est mieux perçue par le célèbre dictionnaire, pour qui elle représente une "jeune femme à la mode, pulpeuse et sexy", bien que "souvent superficielle".

Bonne nouvelle pour ces icônes du mauvais goût bercées par la Méditerranée : l'heure de gloire est arrivée. Sébastien Haddouk leur consacre un documentaire pour contrer les préjugés et rétablir la vérité. Grâce à Cagole Forever, diffusé sur Canal + mercredi 15 février 2017 à 22h50, celles qui ne voient la vie qu'en rose et turquoise peuvent dire adieu à leur mauvaise réputation.

"Son tempérament dérange parce qu'il a quelque chose de masculin"

La bimbo made in Paca reste vulgarisée à une nénette un peu bébête. On la juge sur son physique, la méprise pour son verbe haut. "Les bijoux, ça va être du 5 doigts 6 bagues, comme on dit à Marseille !", balance une dame aux cheveux rouge pétard dans le docu. Sympathie immédiate. On l'aime bien, parce qu'on se croit au-dessus d'elle. Le réalisateur du documentaire a trouvé une explication à ce dédain teinté d'affection. "On a tous un stéréotype de la cagole en tête : une femme blonde, over sexy, couleur criarde… Mais la cagole, elle, se définit surtout par son tempérament, qui dérange parce qu'il a quelque chose d'assez masculin", analyse-t-il pour Konbini. Les candidates de télé-réalité et autres Mado la Niçoise feraient-elles peur ?

A gratter sous la couche de maquillage, on se rend vite compte que la cagole est bien plus qu'un trait de liner baveux sur des cils en paquet. On la traite de fille facile et superficielle ? Elle joue le jeu à fond, strass sur la dent, ongles glitter et mini-jupe en jean, avant d'abattre sa meilleure carte. La cagole n'est ni une Marie-couche-toi-là, ni une victime. Elle est libre et elle vous emmerde. Comme toute personne qui brouille les pistes – un caractère bien trempé moulé dans une robe de nunuche –, la pétasse de Marseille perturbe.

Féministe malgré elle

Elle dit tout haut ce qu'elle pense, jure, se fout du jugement des autres. Elle aime les couleurs criardes alors elle les porte. C'est sa manière à elle de dire "allez-vous faire foutre", avé les paillettes. Et de s'imposer au milieu d'un monde macho. La cagole fait claquer ses talons plutôt que de s'excuser d'exister. Elle est féminine, exubérante, hors des codes, mais elle s'assume, à 1000%. Sans s'en rendre compte, la fille en léopard réclame l'égalité, à coup de griffes manucurées.

La cagole, perchée sur ses plateformes shoes, a le mérite de ne pas se faire piétiner. N'est-ce pas une incarnation du féminisme que d'exiger le respect ?

Cagole Forever, mercredi 15 février à 22h50 sur Canal +.


Voir aussi :