Fleur de Tonnerre... et les plus grandes criminelles de l'Histoire de France

Tueuses en série, empoisonneuses, sorcières... Elles sont nombreuses ces femmes qui ont commis des actes terrifiants. Zoom sur ces atroces meurtrières...

© Sophie Dulac Distribution

Si les affaires criminelles mettant en cause des femmes sont moins fréquentes et sans doute plus taboues que celles où un homme est le coupable, elles ne sont pas inexistantes pour autant. Loin d'être l'apanage d'un genre, leurs meurtres sont remis sur le devant de la scène à travers le film de Stéphanie Pillonca, Fleur de tonnerre, dans lequel Déborah François interprète la plus grand empoisonneuse de l'Histoire, Hélène Jégado. Une histoire aussi saisissante qu'effrayante qui rappelle que tuer n'est pas qu'une affaire d'hommes. En voici la preuve avec cette liste, non exhaustive, de femmes criminelles qu'a connues l'Histoire de France. 

  • Marie-Madeleine Dreux d'Aubray, Marquise de Brinvilliers sera décapitée en 1676 pour plusieurs empoisonnements. Amourachée d'un mauvais garçon que son père a mis en prison après avoir appris leur liaison, elle est initiée aux secrets des poisons par son amant sortie de geôle. La Brinvilliers empoisonnera son propre père ainsi que ses deux frères pour bénéficier à elle seule de l'héritage. 
  • Catherine Deshayes, dite La Voisin, est aussi impliquée dans la fameuse "Affaire des poisons". Lorsque la Marquise de Brinvilliers est exécutée, elle révèle sans donner de noms que de nombreux autres empoisonnements ont été commis. Des rumeurs montent et La Voisin finira par être accusée d'avoir participé à un immense commerce de poisons. Elle sera brûlée vive en 1680 sur l'ancienne place de l'Hôtel de Ville de Paris.
  • Marie Lafarge a été accusée d'avoir empoisonné son mari Charles Lafarge à l'arsenic et condamnée en 1840 à des travaux forcés à perpétuité par le tribunal de Tulle. Cette affaire a fait couler beaucoup d'encre car souvent qualifiée d'erreur judiciaire comportant de nombreuses incohérences. En Ariège, l'association Marie Capelle-Lafarge a même été créée pour que la défunte soit rejugée et réhabilitée. 
  • Hélène Jégado dite Fleur de tonnerre : au début du 19e siècle et pendant 18 ans, cette cuisinière a empoisonné 97 personnes en Bretagne. Son mode opératoire ? Mettre de l'arsenic ou encore de la mort aux rats dans les bons petits plats qu'elle préparait pour ses maîtres... La plus grand empoisonneuse de l'Histoire a été guillotinée sur la place du Champ de mars le 26 février 1852. Son histoire a inspiré le roman Fleur de tonnerre à Jean Teulé, un livre dont est adapté le film de Stéphanie Pillonca. 
  • Jeanne Weber dite L'Ogresse de la Goutte d'or : il s'agit d'une des plus célèbres tueuses en série d'enfants. Elle a été accusée du meurtre par étouffement de huit enfants (trois étaient les siens). D'abord acquittée, elle a poursuivi ses crimes avant d'être surprise en train d'étrangler le fils de l'aubergiste chez qui elle était installée, en 1908. Déclarée folle, elle est placée dans un asile et y meurt en 1918. 
  • Henriette Caillaux : en 1914, l'épouse du ministre des finances Joseph Caillaux vide son revolver sur Gaston Calmette, le Directeur du Figaro, dans son bureau même... au prétexte que ce dernier avait été trop virulent dans les propos qu'il tenait à l'encontre de son mari. Elle sera pourtant acquittée la même année, l'opinion publique étant extrêmement bienveillante envers les femmes tuant par passion amoureuse. Cependant, son mari a dû s'écarter de la vie politique et ne pourra jamais y revenir.  
  • Christine et Léa Papin : les deux sœurs fusionnelles, domestiques, sont reconnues coupables d'un double meurtre sur leurs patronnes, en 1933 au Mans. Un crime effroyable à l'aide d'un couteau et d'un marteau, témoignage de la haine de ces servantes envers des maîtresses autoritaires. Christine affirmera que cet acte était de la légitime défense car leurs maîtresses se seraient jetées sur elles car elles n'auraient pas pu faire le repassage, le fer ne fonctionnant pas. Christine a été condamnée à des travaux forcés à perpétuité, mais décédera dès 1937 en hôpital psychiatrique. Quant à Léa, elle a écopé de 10 ans de travaux forcés et 20 ans d'interdiction de séjour. Cette affaire a été adaptée au cinéma en 1995 dans La Cérémonie, par Claude Chabrol. 
  • Violette Nozière dite "L'Ange noir": a tout juste 18 ans, elle administre des somnifères à ses parents et ouvre le gaz dans leur appartement : son père meurt. L'affaire déchaîne les passions à travers la figure controversée de Violette Nozière, tantôt défrayant la chronique avec de nombreuses liaisons et des histoires de prostitution, tantôt reconnue victime d'un père qui l'abusait. Violette Nozière sera finalement graciée par le général De Gaulle en 1945. 
  • Marie Besnard, dite L'empoisonneuse de Loudun, est inculpée pour le meurtre par empoisonnement à l'arsenic de douze personnes, dont son propre mari, en 1949. Mais sa culpabilité n'a jamais été prouvée, ce qui fait de son histoire l'une des plus grandes énigmes judiciaires. Marie Besnard est acquittée en 1961. Cette affaire a été adaptée dans un téléfilm réalisé par Christian Faure en 2006 : Muriel Robin y tient le rôle principal. 
  • Pauline Dubuisson : elle a été accusée d'avoir tué son ex-petit-ami Félix Bailly à l'aide d'un pistolet, ayant auparavant envoyé des lettres d'avertissement à lui et à ses parents. Pauline Dubuisson tente de se suicider suite à son geste mais est secourue à temps. Elle sera condamnée aux travaux forcés à perpétuité en 1953. 
  • Simone Weber, dite La Diabolique de Nancy , a été condamnée à 20 ans de réclusion en 1991 pour le meurtre de son ancien amant Bernard Hettier, qu'elle a découpé à la meuleuse : le tronc de ce dernier a été découvert dans une valise jetée dans la Marne. La femme aujourd'hui âgée de 87 ans a toujours nié les faits. Elle sera libérée en 1999. Son acte a inspiré un téléfilm diffusé en mai 2016 sur France 3La Bonne Dame de Nancy", dans lequel Véronique Genest tient le rôle de Simone Weber. Cette dernière s'est dite "anéantie" et "écœurée" par cette adaptation qu'elle a jugée contraire à la femme qu'elle était vraiment. 
  • Monique Olivier dite L'Ogresse des Ardennes : condamnée à une peine à perpétuité en 2008, cette femme âgée aujourd'hui de 74 ans a été reconnue coupable de complicité active dans les crimes de son mari, Michel Fourniret. Ce dernier a commis une série d'enlèvements, de viols et de meurtres en France et en Belgique entre 1987 et 2003. Sa femme aurait notamment aidé à attirer de jeunes filles vers lui. 

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