Agressions sexuelles : une femme sur sept en a déjà été victime

VIOLENCES - 14,5% des femmes et 3,9% des hommes affirment avoir subi au moins une forme de violence sexuelle dans leur vie. Des chiffres inquiétants rapportés par une étude menée par l'INED.

© 123RF - Federico Marsicano

Le 25 novembre 2016 marque la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Un combat plus que jamais nécessaire au regard de l'étude Violences et rapports de genre (Virage) menée par l'Institut national d'études démographiques en 2015 sur les agressions sexuelles subies par un échantillon de près de 16 000 femmes et 12 000 hommes âgés de 20 à 69 ans.

Les résultats sont édifiants : une femme sur sept (14,5%) et un homme sur vingt-cinq (3,9%) ont déclaré avoir déjà été victimes au moins une fois d'une violence sexuelle, quelle qu'elle soit, au cours de leur existence. On constate ainsi que la gent féminine est beaucoup plus sujette à subir ces actes, à tout moment de sa vie : si les hommes déclarent pour les trois quart avoir été victimes d'agression sexuelle avant leurs 18 ans, 40% des femmes en ont vécu une dans l'enfance, avant 15 ans, et 44% après 18 ans.

Au cours de l'année 2015, une femme sur vingt de moins de 35 ans a subi une agression sexuelle. En douze mois, ce sont en tout 580 000 femmes et 197 000 hommes qui ont souffert de violences sexuelles. Et parmi eux, 62 000 femmes et 2 700 hommes ont dit avoir été victimes de viol ou tentative de viol. En ce qui concerne les autres agressions sexuelles, il s'agit, pour la majorité des deux sexes, d'attouchements ou de baisers imposés.

Des violences dans le cadre privé

Autre donnée essentielle : pour 94 à 98% des femmes, leurs agresseurs sont un ou plusieurs individus de sexe masculin, mais c'est aussi le cas pour 75% des hommes. L'enquête de l'INED démontre que ces violences ont très largement lieu dans le cadre privé : c'est le cas pour trois femmes sur quatre. La première place revient à l'entourage familial. Viennent ensuite les relations de couple et celles avec un ex-conjoint, puis les études ou activités professionnelles.

L'enquête Violences et rapports de genre offre donc une vision alarmante de la situation en France concernant les violences sexuelles : il est donc plus que jamais urgent d'agir et c'est en ce sens que va le 5e plan de mobilisation, une campagne gouvernementale visant à "déconstruire les stéréotypes qui banalisent et légitiment ces violences" selon le Ministère de l'Education nationale et le Ministère des Familles, de l'Enfance et du Droit des femmes.

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