À Dubaï, les femmes violées doivent se taire pour éviter la prison

DROITS DES FEMMES - Aux Emirats arabes unis, pays plus que conservateur, les femmes victimes de viols qu'elles ne peuvent prouver risquent la prison pour ce qui est qualifié de "relation sexuelle hors mariage". Seule solution pour éviter cela ? Le silence.

© Judith Elaine Flacke

Elle s'appelle Zara Barber, a 25 ans et croupit en prison aux Emirats arabes unis suite à une relation sexuelle hors mariage. Si les faits sont déjà choquants, le pire reste à venir puisque la relation n'était pas consentie.

Zara Barber a été violée par deux Anglais avec qui elle était sortie boire un verre. La jeune femme est aujourd'hui détenue par les autorités et empêchée de quitter le territoire jusqu'à son jugement puisqu'elle n'a pas réussi à prouver qu'il y avait eu agression lorsqu'elle a porté plainte. Une situation qui inquiète Radha Stirling, fondatrice de Detained in Dubai spécialisée dans l'accompagnement des victimes aux Emirats arabes unis : "En 2008, une femme de Fujairah avait des côtes cassées et présentait des preuves physiques de son agression [...] Elle a été accusée de relation extra-conjugale et condamnée à huit mois de prison dans le pays" précise-t-elle au journal The Independent. "Les victimes vont voir la police pour que justice soit rendue, mais c'est elles qui sont poursuivies. Les autorités n'invalident pas seulement leur victimisation, elles les punissent pour cela !". La seule solution qu'elle puisse pour l'instant apporter à ces femmes est de garder le silence tant que la loi ne leur est pas plus favorable. Au 21e siècle, ce constat est intolérable. 

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