Jacqueline Sauvage : sa libération (encore) refusée

JUSTICE - Jacqueline Sauvage, condamnée à 10 ans de prison pour le meurtre de son mari qui la battait, a vu sa demande de libération conditionnelle rejetée.

© SEVGI/SIPA

[Mise à jour du 25/11/16 à 17h] "Épuisée par ce parcours judiciaire", Jacqueline Sauvage renonce à se pourvoir en cassation, ont annoncé ses avocates Mes Nathalie Tomasini et Janine Bonaggiunta.

Une bien mauvaise nouvelle, à la veille de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Jacqueline Sauvage, 68 ans, restera bien derrière les barreaux : sa demande de libération conditionnelle a été refusée par la cour d'appel de Paris jeudi 24 novembre 2016.

Cette mère de famille avait écopé en octobre 2014 d'une peine de 10 ans de réclusion criminelle pour avoir tué son mari violent et incestueux. Une sanction réaffirmée en décembre 2015, l'avocat général jugeant que la légitime défense n'était pas applicable dans son cas. L'indignation populaire qu'a soulevée cette décision avait poussé François Hollande à accorder, "face à une situation humaine exceptionnelle", une grâce partielle à Jacqueline Sauvage le 31 janvier 2016. Cela avait permis à cette dernière de formuler une première demande de libération conditionnelle. En vain.

La cour d'appel de Paris a ensuite examiné le jeudi 27 octobre 2016 une seconde demande, à laquelle le parquet général ne s'était pas opposé. C'est pourtant bien un second refus que doit aujourd'hui essuyer l'accusée, lasse et fatiguée de son difficile combat pour faire reconnaître son statut de victime, en proie à mari qui la rouait de coups et violait ses enfants. L'une des avocates de l'incriminée, Me Bonaggiunta, a avancé que "La société [n'était] pas prête à comprendre les femmes victimes de violences". Jacqueline Sauvage pourra formuler à nouveau une demande de libération. Aura-t-elle la force de se battre encore ? 

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