Trump versus Clinton : insulter les femmes pour mieux régner

Le dernier débat entre Donald Trump et Hillary Clinton a une nouvelle fois abordé la question du genre. Comme lors des deux précédents face-à-face, le candidat républicain a prouvé que le sexe dit faible... l'était à ses yeux. Leçon de misogynie en 5 points.

© Mark RalsMark Ralston/AP/SIPAton/AP/SIPA

Le 8 novembre, les Américains voteront pour élire le successeur de Barack Obama à la présidence. En attendant, Hillary Clinton et Donald Trump se livrent à une campagne féroce. Le troisième et dernier débat opposant le Républicain à la Démocrate a confirmé le constat des dernières semaines : la question des femmes et le sexisme planent sur ces élections présidentielles.
Pendant que les candidats s'attaquent verbalement en direct, "Trump et les femmes" est le deuxième sujet le plus recherché sur Google aux Etats-Unis. Cela peut surprendre face aux enjeux économiques, internationaux ou sécuritaires du scrutin. La surprise est de courte durée quand on sait la réputation de l'homme d'affaires vis-à-vis des femmes. Connu pour ses sorties sexistes, le magnat de l'immobilier n'a pas failli à sa réputation pendant une période de débats ponctuée d'accusations d'agressions et autres vidéos machistes.

Leçon de misogynie en 5 points

Minimiser ses faits : "Il s'agissait de propos de vestiaire...", déclare Donald Trump pour commenter la vidéo scandaleuse apparue sur Internet, dans laquelle il expliquait que 'quand on est une star, les femmes vous laissent tout faire", même les embrasser sans leur consentement et les "attraper par la chatte".
Une blague potache pour dédramatiser des mots pourtant du registre du harcèlement sexuel. Une plaisanterie présentée comme "sans importance", mais capitale quand on parle du potentiel futur président des Etats-Unis.

Abaisser sa rivale à son mariage : "Moi, ce n'était que des mots, [pour Bill Clinton], il s'agissait d'actions. Dans l'histoire de la politique américaine, il n'a jamais existé quelqu'un au comportement aussi violent envers les femmes que lui."
Pour accompagner ses dires, le candidat organise une conférence de presse pré-débat avec des femmes qui accusent Bill Clinton d'agression sexuelle. Face à Hillary Clinton, il prend le même axe de défense. Une manière de rabaisser son adversaire aux agissements de son mari et de détourner l'attention de cette vidéo scandaleuse.

Culpabiliser les victimes : "Je n'ai rien fait. Elles veulent peut-être la renommée, ou bien c'est son équipe à elle. Ce qu'elles ont fait d'ailleurs est criminel. Je pense qu'Hillary a demandé à ces personnes de s'exprimer". argue Donald Trump après que plusieurs femmes l'ont accusé d'agressions sexuelles.
Pour sa défense, l'homme d'affaires les a d'ailleurs qualifiées de "pas assez jolies pour qu'il se livre à des attouchements", comme l'a rappelé Hillary Clinton.

Diaboliser l'avortement : "Avec Hillary, vous pouvez arracher le bébé du ventre de la mère jusqu'à la naissance. Vous ça ne vous dérange peut-être pas, Hillary non plus, mais pour moi ça ne va pas."
"Arracher le bébé du ventre de la mère", les mots choisis sont violents et loin d'être anodins pour le politicien qui a déjà déclaré que les femmes ayant avorté méritaient d'être "punies".

S'adonner à des bassesses : "Quelle femme méchante !", coupe Donald Trump alors qu'Hillary Clinton s'exprime lors du troisième débat. En tout, le magnat de l'immobilier intervient au milieu d'une phrase de sa rivale 37 fois... contre 9 pour elle.
La candidate ne relève pas, mais la tactique du Républicain a de quoi exaspérer. Le milliardaire coupe la parole, commente un "trait de caractère" pour déstabiliser.

À la fin de l'ultime débat, plus goujat que jamais, Donald Trump balance "personne n'a plus de respect pour les femmes que moi" et provoque des ricanements dans l'audience. Rions en, tant qu'on ne peut pas en pleurer.

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