Avortement en Pologne, Les Survivants dans TPMP... : l'IVG dérange toujours

Alors que la Pologne s'élève contre une loi pour interdire l'avortement, les pro-vie des Survivants se sont incrustés sur le plateau de TPMP. Deux événements distincts, mais lourds de sens dans la lutte pour les droits des femmes.

© Alik Keplicz/AP/SIPA

"Je n'arrive pas à croire que je dois encore protester contre cette merde", est-il écrit sur une pancarte brandie par une dame âgée à Paris, devant l'ambassade de Pologne. Dans le pays, l'avortement est sur le point d'être interdit totalement. Quelques jours après que le top Anja Rubik a posté ce cliché, 31 000 personnes l'ont partagé sur Facebook. Preuve que le droit à l'IVG intéresse l'opinion et inquiète celles et ceux qui ne comptent pas renoncer à ce droit durement acquis. Pourtant, ils ont de quoi se faire un sang d'encre.

Alors que les Polonaises descendent dans les rues de Varsovie et martèlent le #BlackProtest sur les réseaux sociaux, d'autres tambourinent un discours qu'on espérait ne plus jamais entendre. C'est ainsi qu'une bande de jeunes survoltés s'est incrustée sur le plateau de Touche pas à Mon Poste mardi 4 octobre. "Merci d'exister !", ont-ils lancé à Cyril Hanouna avant de scander "Les Survivants ! Les Survivants !" Réaction du présentateur chouchou des jeunes : "Ils viennent pour une cause, ils sont mignons." Notre réponse ? Non. Ces pro-vie assumés ne sont pas "mignons". Sur Internet et les réseaux sociaux, ils alpaguent les ados avec des codes de communication qui leur parlent tout particulièrement pour faire passer leur message. Selon eux, nous avons une chance sur 5 d'être "tués" avant notre naissance depuis la loi Veil de 1975... Nous sommes donc, de fait, des survivants. Ce groupuscule lancé en début d'année s'était fait remarquer avec un reportage du Petit Journal, puis avait fait le buzz en s'appropriant Pikachu et le jeu Pokémon Go.

Pas de Survivants à Varsovie, mais un raz-de-marée noir. Face à l'ampleur du BlackProtest, le gouvernement polonais a annoncé qu'il n'apportait plus son soutien à la loi contre l'avortement. "Les protestations nous ont appris l'humilité", a déclaré un de ses membres. Reste à savoir s'il est trop tard pour faire machine arrière, alors que le texte de loi est étudié par le Parlement.
Du côté de chez nous, la chaîne C8 a décidé de couper l'incident dans l'émission en replay, disponible sur son site Internet.
Crier pour revendiquer ses droits, censurer pour faire taire les réfractaires. À quand un silence de paix pour l'IVG ?

Voir aussi :