Sexisme en politique : Natha­lie Kosciusko-Mori­zet et les SMS déplacés

Le Parisien a révélé que Natha­lie Kosciusko-Mori­zet avait reçu des SMS explicites d'élus qui lui promettaient leur parrainage en échange de dîners en tête-à-tête. La pratique, plus que déplacée, est révélatrice du sexisme qui domine dans la classe politique.

© Reynaud Julien/APS-Medias/ABACA

L'affaire Baupin, très médiatisée, n'est que l'arbre qui cache la forêt. Le député écolo, ancien vice-président de l'Assemblée nationale, a quitté ses fonctions après que plusieurs élues l'ont accusé de harcèlement et d'agressions sexuelles. Et si ce scandale encourageait d'autres personnalités publiques à sortir du silence ? Le Parisien a révélé mercredi 14 septembre que Natha­lie Kosciusko-Mori­zet avait reçu des SMS déplacés quand elle était en quête des 250 parrainages requis pour participer à la primaire de la droite, le 20 novembre. Conscients de l'importance de leur soutien, certains députés et sénateurs n'ont ainsi pas hésité à proposer un arrangement douteux à l'ancienne ministre de l'Ecologie. NKM aurait reçu "des SMS très expli­cites pour lui propo­ser des petits dîners en tête-à-tête en échange de leur soutien !" Des propo­si­tions qu'elle a "bien sûr, décli­nées illico"précise le quoti­dien.                
La révélation est d'autant plus ironique et désespérante que Natha­lie Kosciusko-Mori­zet faisait partie des 17 ex-ministres signataires d'une tribune anti-sexisme dans Le Journal du Dimanche, au moi de mai, quelques jours après que l'affaire Baupin a éclaté. Au côté de Roselyne Bachelot, Christine Lagarde, Fleur Pellerin ou Valérie Pécresse, elle s'insurgeait : "Nous avons été ministres, nous sommes ou avons été élues. Et comme toutes les femmes qui ont accédé à des milieux auparavant exclusivement masculins, nous avons eu à subir et à lutter contre le sexisme. [...] On ne peut pas dire à une femme, quel que soit son statut, qu'elle soit salariée, étudiante, chômeuse, mère au foyer ou élue, à propos d'une collègue : 'A part ses seins magnifiques, elle est comment?'. On ne peut lui dire d'un air graveleux : 'Ta jupe est trop longue, il faut la raccourcir' ou 'Est-ce que tu portes un string?'." "Cela suffit. L'impunité, c'est fini. Nous ne nous tairons plus", concluaient-elles. A quand les premières condamnations pour ces élus irrespectueux  ?

© Reynaud Julien/APS-Medias/ABACA

 

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