Boko Haram : 10 000 garçons enlevés par la secte

Après la mise en ligne d'une vidéo montrant les lycéennes enlevées par Boko Haram à Chibok, au Nigéria, des journalistes du Wall Street Journal ont mis en lumière un aspect moins médiatisé de la cruauté de l'organisation terroriste. Depuis 3 ans, celle-ci aurait enlevé plus de 10 0000 garçons, pour en faire des djihadistes.

© 123RF/Adrian Hillman

Boko Haram a diffusé une nouvelle preuve de vie des lycéennes enlevées à Chibok, au Nigéria, en avril 2014. Dimanche 14 août 2016, le groupe terroriste a publié sur Youtube une vidéo montrant quelques-unes des 276 adolescentes capturées. Une séquence qui relance la mobilisation autour de ces malheureuses, fédérée dans la campagne mondiale Bring Back Our Girls. Les différentes actions menées par le mouvement occultent pourtant un autre drame et un autre aspect de la cruauté de l'organisation.
Selon un rapport de Human Rights Watch, depuis 2013, Boko Haram a aussi enlevé plus de 10 000 jeunes garçons, pour en faire des djihadistes, des soldats ou des martyrs. Drew Hinshaw et Joe Parkinson, reporters au Wall Street Journal, ont enquêté sur le sujet. Ils ont rencontré 16 garçons qui ont réussi à échapper aux griffes de Boko Haram et ont recueilli leurs témoignages, glaçants.  
Les journalistes révèlent que la secte utilise des enfants depuis ses premières heures, en 2002. D'abord comme espions et messagers, puis comme combattants. Les enfants soldats qu'ils ont rencontré au Nigéria leur ont appris que Boko Haram les retient dans des villages abandonnés, où elle apprend à se servir de fusils à des gamins d'à peine 5 ans. Les enfants kidnappés sont même parfois envoyés au combat sans armes et drogués. Drew Hinshaw et Joe Parkinson citent un ancien prisonnier, qui décrit son expérience en ces termes : "Ils nous disent qu'il n'y a aucun problème à tuer et massacrer, même nos parents. Ils nous disent que nous devons faire cela pour aller au paradis."
Mais pour les captifs qui ont réussi à s'enfuir, le calvaire n'est pas terminé. Que faire des enfants qui ont échappé à leurs geôliers et de ceux qui ont été capturés par les forces gouvernementales nigérianes ? Les journalistes assurent que leur réintégration est difficile. Ostracisés par leur propre famille, les victimes retournent parfois vers leurs bourreaux. Le constat de Mausi Segun, chercheuse sur le Nigeria auprès de la division Afrique de Human Rights Watch, est terrifiant : "Presque une génération entière de garçons manque." Une génération dont le sort ne peut plus être passé sous silence.     

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