Harcèlement dans les transports : une Française sur deux évite la jupe

Sifflements, injures, gestes déplacés : prendre les transports publics en France peut relever du calvaire pour les femmes. D'après une récente étude, la moitié d'entre-elles évite de s'y aventurer le soir et privilégie des tenues jugées non provocantes. Un constat affligeant.

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Près de trois quart des femmes ont peur d'être harcelées les transports en commun. C'est ce que vient de révéler une étude menée par la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut). Dans le métro, le RER ou les trains, la gent féminine se voit contrainte d'adopter des techniques pour s'assurer des voyages sans désagrément. Le Fnaut a interrogé plus de 6.000 utilisatrices du réseau français (dont 62% entre 18 et 25 ans). Parmi elles, 87% ont déjà été victimes de comportements déplacés tels que des mains baladeuses, des regards insistants ou des agressions verbales. Pour le HCEfh, ce chiffre s'élève à 100%. Une gêne quotidienne qui contraint près de la moitié des Françaises à adopter le pantalon plutôt que la jupe et cacher leur décolleté.
Bien que des numéros d'urgence existent en cas d'harcèlement – on pense au 31 17 de la SNCF –, 54% des femmes avoue ne pas prendre les transports à certaines heures par peur d'une attaque. Et il semblerait qu'elles aient raison de se méfier puisque 89% des agressions se passent sous le nez d'autres utilisateurs... Qui ne réagissent pas pour venir en aide à la victime.
Face à ce climat hostile, les Parisiennes ont développé des "techniques" comme rester près de la porte pour sortir rapidement, changer de place en cas de sexisme ou, dans les cas extrêmes, 34 % des sondées vont jusqu'à abandonner le métro pour le vélo, le taxi ou leur voiture. Un choix qui a un coût financier alors que ça ne devrait pas être aux femmes de modifier leurs comportements, mais à la gent masculine de cesser le machisme et les attaques sexistes. Annie Guilberteau, directrice générale du Centre national d'information sur les droits des femmes et des familles (Cnidff), déclare : "en adoptant ces stratégies d'évitement, les femmes atteignent leur liberté d'être et de circuler." À quand le changement des mentalités ?

Insécurité dans les couloirs du métro parisien © Fotolia - jovannig

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