Denis Baupin : son avocat contre-attaque avec des SMS coquins

Une semaine après les justifications de Denis Baupin dans la presse, son conseil Emmanuel Pierrat publie une tribune sur le Huffington Post. Il remet en question les méthodes de Médiapart et dévoile des échanges osés entre certaines accusatrices et le député écologiste accusé d'harcèlement et d'agression sexuels.

© SIPA

"Le procédé est odieux ; le résultat est épouvantable et sans doute irrémédiable." Dans une tribune publiée sur le Huffington Post, Emmanuel Pierrat, avocat de Denis Baupin, condamne l'enquête conjointe de Médiapart et France Inter. Le représentant de l'accusé reproche aux journalistes de ne pas avoir rempli leur mission informative. En cause, selon lui : le non-respect du contradictoire et de la présomption d'innocence et l'absence de vérification des "textos salaces" évoqués. Il n'hésite pas à révéler des échanges (avec coquilles) entre son client et certaines de ses accusatrices, afin de prouver le "jeu de séduction" évoqué par le député écologiste dans une interview à L'Obs. L'une de ses correspondantes aurait ainsi envoyé : "Poufffffffff chaleur... Humide", "Tu veux quoi que je te fzasse monté la tension à ne plus pouvoir te retenir; Te dire que lionne n'est pas qu'une image, que j'aime le sexe sans limite libre, et un peu extrome que que je n'aime rien tant que faire monter jusqu'à ses limites. Que j'en ai peu...". Ou encore : "Comme si tu avais besoin de ça... Et les bottes oui ça a l'avantage d'afficher la couleur les cuissardes: Suis pas une sainte nitouche ni un ange."

"Non c'est non"

L'avocat assène que "des centaines de SMS échangés avec plusieurs femmes attestent donc que 'non, c'est non' pour Denis Baupin. Et que 'oui, c'est oui' pour certaines..." Isabelle Attard, qui a porté plainte contre l'homme politique, a publié des SMS à charge en guise de réponse. Aucune des autres femmes ayant témoigné à visage découvert ou anonymement contre le député n'ont encore réagi.

Médiapart, attaqué en diffamation par Denis Baupin, a tenu à rétorquer dans un article titré "les flagrants délires de l'avocat Pierrat". On y lit que les journalistes ont tenté à plusieurs reprises d'entrer en contact avec l'accusé, en vain, et que les sources ont bien été recoupées et vérifiées dans un souci de vérité et de respect de la déontologie. On y apprend également que l'homme de loi aurait tenté d'entraver l'enquête pendant que son client essayait d'éviter la parution de l'article accusateur. "Nous avions subi les mêmes emportements lors de l'affaire Bettencourt, lors du scandale Cahuzac, lors de l'affaire Karachi, lors du dévoilement des financements libyens de Sarkozy… Mais le bruit et le buzz n'effacent pas les faits", écrit François Bonnet. La Brigade de répression de la délinquance sur la personne poursuit ses investigations.

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