Emprisonnées pour avoir posé sans voile sur Instagram

Le gouvernement iranien poursuit sa chasse aux femmes non voilées. Récemment, huit mannequins ont été arrêtés pour avoir véhiculé une culture "anti-islamique" sur Instagram.

© Instagram @elhamarab__

Les Iraniennes ne sont à l'abri nul part et surtout pas sur les réseaux sociaux. Depuis 2014, le tribunal du pays chargé de la cybercriminalité scrute les moindres recoins de la Toile et en particulier d'Instagram, pour vérifier que les mannequins femmes ne portent pas atteinte à la pudeur en s'affichant sans voile. Cette opération, nommée "Araignée 2", a permis aux autorités d'appréhender plusieurs professionnels de la mode sous prétexte qu'ils propagent une culture "anti-islamique" voire "immorale". D'après un communiqué officiel du tribunal, pas moins de 170 personnes (59 photographes et maquilleurs, 58 mannequins, et 51 responsables de maison de couture) ont été rappelées à l'ordre, soit "20% du réseau Instagram iranien" a déclaré à la télévision iranienne Javad Babaie, juge au tribunal chargé de la cybercriminalité.
Cette chasse aux mannequins sans voile n'en est cependant pas restée à quelques avertissements. Au mois de février, huit personnes ont été arrêtées. Le porte-parole de l'autorité judiciaire en Iran a précisé que "certaines d'entre elles sont accusées de charges lourdes, propagation de la prostitution et de la corruption." Rien que ça ? Depuis 1979, le voile est obligatoire chez les Iraniennes. C'est pourquoi, dimanche 22 mai, Elham Arab, mannequin iranien, a été contrainte de présenter des excuses publiques devant le procureur de Téhéran à la télévision nationale. Elle a alors déclaré qu'elle gagnait jusqu'à 3.300 dollars par mois, alors que le salaire minimum en Iran est d'un peu plus de 200 dollars mensuels. Un train de vie et une image qui ne plaît pas aux instances supérieures et qui lui a valu cette exposition médiatique en guise d'exemple pour les citoyens. Une situation qui risque d'accroître le sentiment d'insécurité des femmes et leur manque de liberté.
Rappelons qu'en Iran, Twitter et Facebook sont prohibés. Instagram restait donc l'un des seuls moyens d'expression. Ce qui n'est plus le cas... 

 

#Gn

Une photo publiée par Elham Arab (@elhamarab__) le

Voir aussi :