Les comédies romantiques, teaser du sexisme banalisé ?

D'après une étude menée dans le Michigan et relayée par le Guardian, certaines femmes seraient prêtes à subir harcèlement et agressivité de la part d'un homme après avoir regardé des scènes de comédies romantiques.

Stalker : mot anglais pour désigner un harceleur. Exemples : Ben Stiller dans Polly et Moi ou Ben Stiller dans Mary à Tout Prix. Dans le premier, Reuben suit Polly jusque chez elle pour l'aborder "par hasard". Dans le second, Ted fait appel à un détective privé pour traquer Mary, fantasme d'enfance qui l'obsède toujours. Et si les films romantiques banalisaient le harcèlement ? C'est la question que pose l'étude I Did It Because I Never Stopped Loving You effectuée sur 400 femmes et dirigée par l'américaine Julia Lippman, experte des rapports humains.
Après avoir montré à certaines participantes des scènes de stalking de classiques hollywoodiens tels que Love Actually, la chercheuse en a conclu que les femmes acceptaient d'être "traquées" par un homme si le but final était d'atteindre l'amour, comme c'est le cas dans ces productions à l'eau de rose.
Un fait pas si étonnant que ça, à en croire Julia Lippman sur le site Global News : "Les films jouent sur le mythe du 'l'amour est plus fort que tout'. Même si, bien sûr, c'est faux." Les démarches extrêmes pour que l'autre tombe amoureux, qui font rêver à l'écran, seraient surtout inquiétantes dans la vraie vie.
Dans l'étude, l'impact n'est pas le même chez les femmes ayant visionné des drames traitant du même sujet, à l'instar de Plus Jamais, dans lequel Jennifer Lopez est en proie à un mari violent et jaloux.
Le cinéma peut donc être plus influent que ce que l'on pense et excuser, en plus, certains comportements abusifs. Slate.fr rappelle une affaire de 2015, pour laquelle un Australien de 32 ans, accusé de harcèlement, a été relâché "grâce" à sa passion pour les films bollywoodiens. Une excuse valable, d'après son avocat, pour expliquer son comportement agressif envers une jeune femme. De quoi en faire un cinéma…

© United International Pictures

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