Lutte contre les mutilations génitales : vers la fin de l'excision ?

Le 6 février est la journée mondiale contre les mutilations génitales féminine (MGF). Une tradition qui dérange et une atteinte aux droits des femmes et des enfants qui fait 6000 victimes par jour en Afrique. L’une des causes que l’ONG Vision du Monde défend rudement.

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Une coutume abominable

Les mutilations génitales féminines, ou excisions, sont pointées du doigt par l'association Vision du Monde, basée au Ségénal. Ces opérations contestées, "traditions" dans près de 29 états africains, visent à retirer l'organe génital externe des jeunes filles, souvent avant leurs 5 ans. Un procédé que les groupes pratiquants justifient par la norme sociale, la coutume culturelle et la croyance religieuse, au-delà d'un contrôle de la sexualité des femmes.
Une tradition qui constitue une profonde violation de leurs droits.

Des conséquences multiples

Traitements cruel, l'excision entrave aussi les droits à la santé, à la vie et à l'intégrité physique et mentale sans oublier le droit de ne pas subir de discrimination. En effet, l'opération, en dehors de l'acte chirurgical, peut provoquer des complications comme des rapports sexuels douloureux, des infections génitales, une infertilité et même parfois entraîner la mort. Vision du Monde intervient donc pour mettre fin au fléau que connaissent 125 millions de femmes, engendrant séquelles physiques et psychiques comme le raconte Binta, excisée à 10 ans et quittée par son fiancé lorsqu'il a appris sa stérilité : "Les filles de mon âge sont mariées et profitent du bonheur d'être mère. Je ne connaîtrai jamais le sentiment d'être aimée ou d'être enceinte. J'ai vécu 17 ans de cauchemar et je ne suis pas sûre de me réveiller un jour."

Une bataille pleine d'espoir

Fatoumata, sage-femme et sa petite-fille, Dialan, qui soutiennent l'ONG Vision du Monde, prennent part à cette lutte et souhaitent sensibiliser les communautés aux dangers de l'excision : "Toute la communauté a pris conscience de la dangerosité de pratiquer les MGF. Je ne conseillerai jamais à une fille d'en subir une ou à une mère de laisser ses filles être victimes de cette pratique", précise Dialan.
Des propos encourageants: en décembre 2015, Yahya Jammeh, président de Gambie, a fait interdire l'excision, sous peine de poursuites pénales. Une loi qui souffle un vent d'espoir sur une Afrique meurtrie.

Lutte contre l'excision © africa

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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