L'Education nationale : une affaire de principes

Dans "Mon Maître d'Ecole", au cinéma le 13 janvier, Emilie Thérond pose sa caméra dans la classe de monsieur Burel, enseignant de CM1 et CM2, sur le point de partir à la retraite. Un prof qui, pour sa dernière année d'exercice, prend quelques libertés avec le règlement tout en respectant les principes fondateurs de l'Education nationale. On fait le point sur ces règles indispensables au vivre ensemble.

L'Education nationale : une affaire de principes
© The Walt Disney Company France

Pendant un an, le temps du tournage de Mon Maître d'Ecole, Emilie Thérond a filmé le quotidien d'une classe de CM1 et CM2, dans le village de Saint-Just-et-Vacquières, dans le Gard. Le résultat est un hommage tendre et sincère à Monsieur Burel, instituteur pas comme les autres, mais aussi un coup de projecteur sur les valeurs et principes de l'Education nationale, à découvrir au cinéma le 13 janvier. Un rappel nécessaire, aujourd'hui plus que jamais. L'enseignement en France est ainsi régi par cinq grands principes, pour la plupart fixés dans des textes de loi : la liberté, la neutralité, la gratuité, la laïcité et son caractère obligatoire. 

  • Un enseignement libre 
    ​La liberté de l'enseignement primaire a été instaurée par la loi Guizot du 28 mars 1833 et celle de l'enseignement secondaire et supérieur, par la loi Falloux, du 15 mars 1850. Ce principe fait partie des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République, des principes consacrés dans la Constitution et qui prévalent sur la loi. C'est en vertu de ce principe de liberté de l'enseignement que les élèves et leurs parents peuvent choisir une scolarité en établissements publics ou privés. 
  • Un enseignement gratuit 
    ​Le principe de la gratuité de l'enseignement en France est établi par la loi. La gratuité de l'enseignement primaire public a été fixée par la loi du 16 juin 1881 et celle de l'enseignement secondaire, par la loi du 31 mai 1933. Les manuels et le matériel à usage collectif sont gratuits du CP à la troisième. Au lycée, en revanche, les livres sont souvent à la charge des familles. 
  • Un enseignement neutre 
    Le service public de l'éducation devant répondre à l'intérêt général, la neutralité politique et philosophique est de rigueur et vaut à la fois pour les professeurs et les élèves. Les enseignants doivent assurer leur mission indépendamment de leurs opinions politiques, religieuses ou philosophiques et de celles de leurs élèves. Cette exigence s'applique aussi en matière commerciale : il est ainsi interdit de distribuer aux élèves des documents ou ouvrages qui contiendraient des publicités susceptibles d'être utilisées à des fins autres que pédagogiques. 
  • Un enseignement laïc
    Si le principe de laïcité a été consacré en 1905 avec la loi concernant la séparation des églises et de l'Etat, la laïcité de l'enseignement public est bien plus ancienne et date de la fin du XIXe siècle avec les lois du 28 mars 1882 et du 30 octobre 1886. Ces textes instaurent la laïcité du personnel enseignant et des programmes et interdisent toute forme de prosélytisme. La charte de la laïcité à l'école, adoptée en 2013, stipule également qu'"afin de garantir aux élèves l'ouverture la plus objective possible à la diversité des visions du monde et à l'étendue des savoirs, aucun sujet n'est a priori exclu du questionnement scientifique et pédagogique". Par ailleurs, aucun élève ne peut invoquer une conviction religieuse pour "contester à un enseignant le droit de traiter une question au programme". 
    Le port de tout signe religieux, arboré de manière ostensible, est interdit depuis une loi de 2004.
  • Un enseignement obligatoire
    L'instruction est obligatoire à partir de 6 ans depuis la loi Jules Ferry du 28 mars 1882. A l'époque, les élèves pouvaient toutefois quitter le système scolaire dès l'âge de 13 ans. Une ordonnance du 6 janvier 1959 a prolongé cette obligation de scolarisation jusqu'à l'âge de 16 ans révolus. Chaque famille est en revanche libre de choisir la scolarité qui lui convient le mieux : elle peut ainsi inscrire son enfant dans un établissement public ou privé, en vertu du principe de liberté de l'enseignement précédemment évoqué, ou décider de faire elle même son éducation. Cette seconde possibilité peut résulter d'un choix ou d'une impossibilité de scolariser l'enfant, dans le cas d'un handicap trop lourd par exemple. Dans ce cas, les parents doivent déclarer leur situation au maire de la commune et au directeur de l'académie à chaque rentrée scolaire. Un inspecteur d'académie contrôlera au moins une fois par an que l'enfant reçoit l'enseignement adéquat. 

Regardez la bande-annonce de Mon Maître d'Ecole :

 

Affiche de "Mon Maître d'Ecole", au cinéma le 13 janvier 2016

 

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