Cinq ans de prison avec sursis pour avoir tué sa fille handicapée

Mardi 15 septembre, Laurence Nait a été condamnée à cinq ans de prison avec sursis par la cour d'assises d'Ille-et-Vilaine pour avoir tué sa fille handicapée, âgée de 8 ans, en 2010. Son témoignage a ému et glacé l'audience.

Cinq ans de prison avec sursis pour avoir tué sa fille handicapée
© MATHIEU PATTIER/SIPA

Après deux jours de réquisitoire, la cour d'assises d'Ille-et-Vilaine a condamné Laurence Nait, une ancienne conseillère bancaire de 49 ans, à cinq ans de prison avec sursis pour le meurtre de sa fille, Méline. Le 15 août 2010, à Saint-Malo, elle a étouffé la fillette, après s'en être occupée seule pendant huit ans. Les jurés ont suivi les réquisitions de l'avocat général, Yann le Bris, et retenu une alteration du discernement au bénéfice de l'accusée. 
A l'énoncé du verdict, en larmes, celle-ci a crié sa douleur et sa colère : "J'aurais mieux fait de mourir. Vous n'avez pas de cœur, vous n'avez pas compris mon geste d'amour : si, demain, vous lisez que je me suis suicidée, je vous regarde tous dans les yeux, c'est sur votre conscience.
Bouleversée, Laurence Nait a raconté la manière dont les faits s'étaient déroulés, il y a 5 ans. Après avoir administré un demi-Lexomil et du Doliprane à Méline pour s'assurer qu'elle s'endorme, elle a étranglé sa fille avec une écharpe et l'a étouffée avec un oreiller, tout en lui adressant des paroles rassurantes : "Méline, c'est maman qui t'aime, c'est maman ma chérie...". Elle a ensuite tenté de mettre fin à ses jours, en ingérant une forte dose de somnifères et en se tranchant les veines, mais a repris connaissance le lendemain matin.          
A la barre, elle a évoqué sa grande fatigue émotionnelle : "J'ai baissé les bras, j'étais épuisée moralement, physiquement. Je ne voyais plus d'issue heureuse, en tout cas pour ma fille." Laurence Nait a assuré qu'elle préférait qu'elles "partent toutes les deux ensemble" plutôt que d'imposer à Méline une scolarisation dans un institut médico-éducatif et une opération de la colonne vertébrale, à cause d'une scoliose. "J'imaginais ma fille souffrir, c'était inacceptable".
L'accusée estime avoir ôté la vie de sa fille par amour : "Notre place n'était plus ici, je n'avais plus à offrir le bonheur ou une belle vie à ma fille. (...) J'ai donné la vie à ma fille et si ma fille (devait) partir, ce sera par moi, et je partirai avec elle. Même si le geste est affreux, terrible, je ne l'ai pas perçu comme ça. C'était un geste d'amour." Geste pour lequel Laurence Nait encourait la réclusion criminelle à perpétuité