Vive émotion après la mise à mort du lion Cecil

Le sort du lion Cecil, animal star du parc Hwange, au Zimbabwe, traqué et sauvagement abattu par un braconnier, a ému la planète entière. Son bourreau a à son tour fait l'objet d'une véritable traque.

Vive émotion après la mise à mort du lion Cecil
© REX Shutterstock/SIPA

Le parc Hwange, au Zimbabwe, a perdu sa star. Le lion Cecil, célèbre auprès des touristes et des visiteurs pour sa belle crinière noire, a été sauvagement abattu par un braconnier, un dentiste américain du nom de Walter Palmer, qui a déboursé 55 000 dollars pour pouvoir tuer, illégalement, le félin. D’abord chassé à l’arc puis achevé d’une balle dans la tête au terme d’une traque de près de 40 heures, dépecé et décapité avant d’être abandonné dans la savane, son sort a ému la planète entière. Les commentaires indignés de stars et d’anonymes fleurissent sur les réseaux sociaux.
Cara Delevingne a qualifié le chasseur "d’être humain pathétique", tandis que Shannen Doherty a dénigré "un homme répugnant". Le réalisateur Judd Apatow a déploré qu’il existe "autant de manières d’être un p***** d’idiot dans le monde moderne" quand l’animateur Jimmy Kimmel s’est ému que Walter Palmer "ait tué la moitié de l’Arche de Noé".
Du côté du public, les réactions sont beaucoup plus virulentes. Quand un internaute espère sur Yelp, site de recommandation de commerces, "qu’un défenseur des animaux va [le] tuer pour venger la mort des animaux en voie de disparition" qu’il a abattu, une autre encourage l’Etat islamique à "s’attaquer à ce type", sous une vidéo Youtube du cabinet du dentiste. L’association américaine Peta, spécialisée dans la défense des animaux, a même appelé à ce que le braconnier soit pendu.
En quelques heures, Walter Palmer, marié et père de deux enfants, est ainsi devenu l’ennemi public numéro 1. De chasseur, il est devenu la proie. Son identité a été dévoilée par le journal anglais The Telegraph et, très vite, ses numéros de téléphone et de passeport ainsi que l’adresse de son lieu de travail ont été rendus publics. Ses comptes Facebook et Twitter ont été inondés de messages de haine et son cabinet, devant lequel a été dressé un autel en hommage à Cecil, est resté fermé. Walter Palmer a tenté de se racheter en faisant valoir qu’il ne savait pas que le lion était une célébrité locale.
Une pétition adressée au président du Zimbabwe, Robert Mugabe, a été lancée pour réclamer l’interdiction de la chasse des espèces menacées. L’après-midi du 30 juillet, elle avait déjà recueilli plus de 735 000 signatures. Une autre pétition, cette fois à l'attention de la Maison Blanche, demande que le braconnier soit extradé pour être jugé au Zimbabwe. Pour pouvoir être soumise à Barack Obama, elle devait recueillir 100 000 signatures avant le 27 août. Le soir du 30 juillet, elle avait déjà été signée par 146 000 internautes.  
Le braconnier n’en était pas à son coup d’essai. Selon le site de l'organisation Safari club international, avant Cecil, Walter Palmer aurait abattu près de 43 bêtes. Autant de trophées ajoutés à son macabre tableau de chasse.