Le tatouage et les femmes : envies, styles et tendances

Autrefois assimilé aux prostituées et aux voyous, puis considéré comme un effet de mode, le tatouage est aujourd'hui un phénomène de société qui rassemble des millions de passionnés. A l'occasion du Mondial du Tatouage, qui réunit plus de 420 artistes de l'aiguille (et plusieurs dizaines de milliers de visiteurs), du 3 au 5 mars 2017 à la Grande Halle de La Villette, découvrez les courants, les modèles et les symboles d'un art devenu passion.

Selon Darwin, il n'y a pas eu une seule société qui a été épargnée par le tatouage. Il rassemble des passionnés du monde entier et connaît un essor sans précédent chez les femmes. Si aujourd'hui on le voit davantage dans nos sociétés modernes comme un ornement corporel, il avait autrefois une toute autre signification.

Les traces les plus anciennes de dessins dermiques remonteraient à plus de 5000 ans. Dans les sociétés primitives, il est un rite initiatique et sacré qui marque le passage à l'âge adulte, tandis que dans les sociétés traditionnelles, il est un marqueur identitaire qui affirme une certaine appartenance à un groupe social.

Cependant, au XVIIIe siècle, le tatouage fait son retour sur les marins qui l'arborent en s'inspirant des us et coutumes du Pacifique. L'explorateur américain James Cook rapporte de ses voyages en Polynésie le concept du "tatau", qui signifie "frapper" en tahitien.

L'occident s'approprie alors cette technique, qui est reprise dans les prisons et par certains marginaux. Il est alors un signe d'exclusion sociale : lors de la traite des Noirs, on marque les esclaves (tout comme dans l'Antiquité) et sous l'occupation nazie, les Juifs subissent le même acte de déshumanisation.

En France, les premiers studios de tatouages ouvrent au milieu du XXe siècle, mais c'est dans les années 70 qu'il se popularise chez les punks, les bikers et les rockers, soit, chez les marginaux qui affichent une attitude "rebelle".

C'est seulement dans les années 90' que cet art devient véritablement un phénomène de mode et devient un attribut esthétique et décoratif. Aujourd'hui, il est un marqueur identitaire et un mode d'expression à part entière, mais aussi, parfois, un rite initiatique du fait de la douleur ressentie à la première piqure.

Le corps humain est devenu un médium qui affiche une oeuvre d'art - parfois une pièce unique - élaborée dans la confiance avec un artiste qui grave dans la peau de manière irréversible... Ou presque. Car si la technique du tatouage a connu une évolution considérable, les techniques de détatouages, elles, sont devenues plus efficaces...