Lejaby renaît de ses cendres en grande pompe

Sauvée de la liquidation en pleine campagne présidentielle, la maison de lingerie Lejaby tente une renaissance par le luxe "made in France", à Paris, où elle vient d'ouvrir un "Salon Couture" très haut-de-gamme pour recevoir les plus riches clientes de la planète.

Lejaby renaît de ses cendres en grande pompe
© Vidéo AFP

Des bougies parfumées décorent des tables basses entourées de canapés où champagne et collations sont servis à la clientèle. Installé rue Royale, à deux pas du Louvre, du Ritz et des palaces de la capitale, ce showroom douillet aux teintes pastel, version "Marie-Antoinette" de Sofia Coppola, propose de découvrir sur rendez-vous de précieuses "pièces uniques", baptisées "dessus-dessous", associant les plus belles soies, broderies et passementeries de l'Hexagone.
Déclinés en rose, gris et or, de délicats soutien-gorge aux bretelles de velours, coutures invisibles et fine dentelle version "corbeille Empire", à balconnets, ont été inspirés par des macarons. Disposés sur des portants, ils côtoient des jupons multicolores en tulle dentelle à plumetis et des bodies d'une douceur cachemire avec un seul plissé diagonal. D'autres boléros, plus sophistiqués, sont brodés de motifs floraux, de cristaux et de perles.
Chaque création porte une étiquette et un numéro, indique "100% fait main, 100% made in France" ainsi que le prénom de l'ouvrière qui l'a confectionnée.
Il faut compter entre 250 à 330 euros pour un ensemble culotte/soutien-gorge, de 500 à 1 000 euros pour une pièce de corseterie unique voire 5 000 euros pour un body brodé sur mesure.
C'est à Rillieux, dans la banlieue lyonnaise qu'ont été conçues les collections sous la houlette de Mme Colette alias Colette Candela, 40 ans de Maison Lejaby.
Alain Prost (ex-PDG de l'italien La Perla, qui a repris Lejaby en janvier 2012 et gardé 195 des 450 salariés) travaille aussi avec un atelier du Mans et compte, à partir de janvier, sur les Atelières, autre atelier de fabrication fondé par Muriel Pernin avec une partie des salariées licenciées.
Pour ses lignes classiques, le nouveau patron continue de sous-traiter à Sfax, en Tunisie, mais assure avoir cessé toute collaboration avec la Chine.