Niels Schneider : "Je me suis énormément sensibilisé à la danse"

Dans "Polina, danser sa vie" sur les écrans le 16 novembre 2016, Niels Schneider incarne Adrien, danseur contemporain émérite du Ballet Preljocaj. L'acteur nous fait virevolter dans ce drame intense. Rencontre.

© Jerome Mars/SIPA

Niels Schneider baigne dans le monde de la comédie dès sa naissance. Après des séances de doublage au Canada, il enchaîne les représentations de Kafka et Feydeau. Il s'essaie au cinéma en 2008 avec son premier film Tout est parfait. Suivent deux longs-métrages de Xavier Dolan, J'ai tué ma mère et Les Amours Imaginaires, qui lui ouvrent grand les portes du 7e art. Il tourne au côté de Fabrice Luchini, Gemma Arterton, Sophie Marceau, François Cluzet et Isabelle Carré... Avant d'obtenir le rôle principal dans Diamant Noir , sorti en juin, et d'exploser sur grand écran. Dans Polina, danser sa vie, l'acteur émeut par son charisme et sa prestance scénique. Le Journal des Femmes l'a rencontré.  

Le Journal des Femmes : Pouvez-vous nous parler du film "Polina, danser sa vie" et de votre rôle d'Adrien ?
Neils Schneider 
:
 Polina est l'adaptation de la bande-dessinée de Bastien Vivès. Elle évoque le parcours d'une jeune danseuse de famille très modeste, de ses débuts dans la danse classique en passant par le Bolchoï en Russie à sa découverte de l'univers de la danse contemporaine à Aix-en-Provence. Sur son chemin, elle va rencontrer Adrien, le personnage que j'interprète.

Pourquoi vous dans Polina, danser sa vie ?
J'aimais beaucoup la bande-dessinée, mais je ne connaissais rien de l'univers de la danse. C'était l'occasion d'en savoir plus, qui plus est avec Angelin Preljocaj [chorégraphe, réalisateur, ndlr]. Il est très important et a fait énormément pour la danse en Europe et dans le monde. Je savais que le film s'éloignerait de tous les clichés et je rêvais de jouer avec Juliette Binoche

Comment se conditionne-t-on à un rôle de danseur ?
Angelin avait besoin de comédiens pour son spectacle Retour à Berratham. Il a fait appel à moi. J'ai passé quatre mois au Pavillon Noir à Aix-en-Provence à prendre des cours avec le Ballet Preljocaj et à tourner. C'était nécessaire et j'ai trouvé cela génial. Je me sentais comme chez moi sur le plateau.

Comment s'est passé le travail avec Angelin Preljocaj ?
C'était très intense, mais bien. Il y avait une énergie particulière puisque l'on tournait dès 6h du matin. Vers 14 heures, on partait à Avignon pour le spectacle que l'on jouait à 22 heures et on rentrait à Aix-en-Provence vers 1h30 du matin. Angelin corrige sans être directif. Il laisse libre, il est très ouvert aux propositions. Il y avait une belle complicité avec Valérie Müller. Même si leurs avis divergeaient parfois, ils se respectaient beaucoup.

Est-ce possible, comme Polina, d'être autant épris d'une passion ?
Ce qui fait la réussite, au-delà du talent, c'est l'acharnement. Je pense comme Churchill : "le succès c'est d'aller d'échec en échec sans perdre son enthousiasme." Ce ne sont pas les dons innés ou les facilités qui payent, mais le travail. Polina trime comme une folle jour et nuit, mais elle commence à avoir un regard nouveau sur le monde, plus intelligent et moins rigoureux. Les grands artistes font des sacrifices sur leur vie privée. On ne peut pas tout avoir, il faut faire des choix.

La danse vous a-t-elle transformé ?
Je me suis énormément sensibilisé à la danse. J'ai découvert qu'elle était moins difficile d'accès que ce que j'avais pu imaginer. Elle a changé mon rapport au corps. Je prête plus attention aux mouvements. Je vais voir des spectacles. J'ai vu le Sacre du Printemps de Pina Bausch, l'une des plus belles choses que j'aie regardé. Cela donne envie de danser.

Vous en êtes où dans la danse ?
J'ai continué à prendre des cours, mais pas de manière assidue. J'ai eu un vrai plaisir à danser, cela m'a plu. Lorsque l'on s'abandonne, les sensations sont uniques.

Vous êtes un homme de théâtre. Pourquoi vous êtes-vous dirigé vers le cinéma ?
Cela s'est fait naturellement. Je me suis fait repérer par un directeur de casting qui cherchait de nouveaux visages. C'est de cette manière que j'ai tourné mon premier film, Tout est parfait d'Yves-Christian Fournier. Le cinéma est différent du théâtre où l'on invente sans cesse. Et il y a eu les deux films de Xavier Dolan, J'ai tué ma mère et Les Amours Imaginaires

Que retenez- vous de cette expérience de tournage avec Xavier Dolan ?
 Xavier Dolan m'a appris l'entêtement et l'audace de ne pas forcément écouter ce que les autres peuvent dire. Avec lui, il faut faire les choses tout de suite, être dans l'urgence. L'expérience, ça ne fait pas tout.

Découvrez la bande-annonce du film Polina, danser sa vie, en salles le 16 novembre :