Gemma Arterton, pierre précieuse

INTERVIEW - Dans "L'Histoire de l'Amour", au cinéma le 9 novembre, elle est la femme la plus aimée au monde. Un titre que Gemma Arterton incarne à la perfection, à l'écran comme dans la vie. Rencontre.

© Marechal Aurore/ABACA

On comprend aisément pourquoi Radu Mihaileanu a vu en elle "la femme la plus aîmée au monde" et l'a choisie pour incarner Alma, l'héroïne de son dernier film, L'Histoire de l'Amour. A 30 ans et en moins de 10 ans de carrière sur les écrans, Gemma Arterton s'est imposée comme une valeur sûre du cinéma anglo-américain. Aussi à l'aise dans les blockbusters (Prince of Persia, Le Choc des Titans) que dans les productions plus intimes (Song For Marion, Gemma Bovery), elle apporte à chacun de ses rôles un mélange de force et d'espièglerie. Consciente de son statut de sex-symbol, la comédienne fait pourtant tout pour ne pas s'y laisser enfermer. Lorsque nous la rencontrons, elle est l'opposée de cette image de papier glacé : posée, réfléchie et drôle. Dans L'Histoire de l'Amour, en salles le 9 novembre, elle incarne Alma, une jeune femme qui fuit la Pologne pour les Etats-Unis au début de la Seconde Guerre mondiale, abandonnant derrière elle son grand amour. Rencontre.   

Le Journal des Femmes : Qu'est-ce qui vous a séduit dans le scénario de L'Histoire de l'Amour
Gemma Arterton :
L'histoire polonaise et l'histoire de l'immigration sont très touchantes. J'ai des origines juives polonaises donc ça me parlait. C'est aussi une histoire très belle et pleine d'espoir. Avec toute la haine qu'il y a dans le monde, c'est le genre de film dont on a besoin. Et j'ai vraiment adoré l'histoire d'amour. Je suis très romantique (rires).   

Comment décririez-vous votre personnage, Alma ?
Elle est loyale, forte et incroyablement courageuse. Elle est un peu la femme idéale. Elle est remplie d'amour et a énormément d'esprit.

Qu'avez-vous en commun avec elle ?
Je me sens vraiment proche d'elle. Elle sait ce qu'elle veut. Elle est assez dragueuse et un peu provocante, mais elle est très claire. A une autre époque, elle aurait été une très grande éditrice ou une productrice. C'est une visionnaire. Nous partageons ça, mais je suis très admirative car elle fait certaines choses dont je suis incapable.

Avez-vous fait des recherches sur la Seconde Guerre mondiale pour préparer le rôle ?
Bien sûr. J'ai fait beaucoup de recherches sur les survivants de l'Holocauste, spécialement sur les immigrés juifs et polonais. Presque tout le monde a été tué ou a fui. J'ai appris l'hébreu puisque je devais lire un passage en yiddish. C'était très difficile, mais également la clé pour accéder au personnage. Il y a quelque chose de très beau dans le yiddish : c'est une langue très douce, très proche de l'allemand, très mélancolique. J'ai beaucoup travaillé sur les accents. J'ai aussi fait des recherches sur ce que signifiait être un immigré juif à New York à cette époque. 

© Wild Bunch Distribution

Vous jouez Alma de 18 à 75 ans. Etait-ce un défi ?
Oui et non. C'était plus difficile de jouer la jeune Alma parce que j'ai 30 ans et je ne voulais pas en faire trop en faisant semblant d'en avoir 18, que ça fasse trop "girly". Pour la version plus âgée, j'ai été aidée par un incroyable prothésiste. Une grande partie du travail était déjà faite grâce au maquillage, je devais juste être très lente. J'étais inquiète à ce sujet parce que c'est difficile d'être juste.

Qu'avez-vous appris en travaillant avec Radu Mihaileanu ? 
Il m'a poussée assez loin émotionnellement, ce que je ne fais pas habituellement, parce que je ne suis pas fan de cette méthode. J'ai réalisé jusqu'où je pouvais aller. Je pense à une scène en particulier : nous avons commencé le tournage à 7 heures du matin et avons terminé à 23 heures. J'étais épuisée pendant trois jours. Il m'a vraiment poussée. Il ne s'arrête pas tant qu'il n'a pas ce qu'il cherche.

Quels ont été vos premiers boulots, avant le cinéma ? 
J'ai travaillé dans un pub, j'ai été hôtesse dans un karaoké, j'ai travaillé dans une boutique qui vendait des habits, j'ai vendu des savons chez Lush. Un de mes premiers boulots était d'habiller les acteurs d'une émission de télé pour enfants, un peu comme les Télétubbies : In The Night Garden. C'est la première fois que j'étais sur un plateau et que je voyais comment ça fonctionnait.

Quels sont vos icônes ou vos modèles à Hollywood ?
Je n'ai pas vraiment d'icônes, mais il y a des personnes que j'admire. J'adore Elizabeth Taylor. Elle avait tout : c'était une actrice fantastique et une belle femme. J'adore aussi Gena Rowlands. 

Regardez la bande-annonce de L'Histoire de l'Amour, au cinéma le 9 novembre : 

 

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