Alma Jodorowski, solaire égérie

Certains l'avait remarquée dans "La Vie d'Adèle" ou l'excellente série "La Vie Devant Elles", Alma Jodorowski irradie dans "Juillet-Août" de Diastème. Actrice née (ses parents sont comédiens), modèle (visage Lancôme) et musicienne (elle chante, réalise ses clips et écrit les textes de son groupe electro pop Burning Peacocks), cette brune caliente a tous les talents. Lumineuse rencontre.

© Methieu Morelle

De la chaleur d'Antibes à la revigorante BretagneJuillet-Août est un opus plein de charme, de fraîcheur et de tendresse. Comme une glace, un diabolo autour de la piscine, une virée à la mer en dériveur ou une soirée arrosée sur l'herbe coupée, ce joli conte d'été sur l'adolescence nous plonge avec nostalgie dans nos souvenirs de vacances. Après Un Français, Diastème change de registre et se fait radicalement plus léger, mais avec ce film au parfum de vanille, il continue d'enchanter nos 20 ans.
Entrevue sous le soleil avec Alma Jodorowski, jolie tête d'affiche de ce film disponible en DVD.

Qu'est-ce qui vous a séduite dans ce scénario ?
Le fait que ce soit un film sur la famille moderne, plein de joie et de bonne humeur. Je me reconnaissais dans le personnage même si elle est plus jeune que moi. Je retrouvais des choses que j'avais traversé : les parents séparés, les vacances alternées, avoir le cul entre deux chaises, ça m'a fait marrer... J'ai une petite sœur avec laquelle j'ai la même différence d'âge que l'héroïne du film et ma mère a aussi eu un enfant à 42 ans. Il y avait beaucoup trop de coïncidences pour refuser ce rôle !

Présentez-nous votre personnage...
Joséphine passe de l'adolescence à l'âge adulte. Sa personnalité est encore très romantique. Amoureuse, elle se donne à fond, elle est super impliquée. Son côté enfantin se manifeste dans sa façon de pleurer tout le temps.

Jo est à l'aise avec son corps, pas complexée. Cette nudité, traîner en maillot, c'est une posture qui vous a dérangée ?
Je n'ai pas trop eu le choix. Elle n'est pas à poil par principe ou pour faire du racolage. C'est le contexte qui l'impose. Les scènes se passent à la mer, près de la piscine, sur un bateau… Et sinon, on se tutoie ?

Dans le film, on dit que tu as de jolis pieds...
J'ai surtout de grands pieds. Heureusement, on m'a proposé une session de pédicure avant de les filmer...

Est-ce que tu as un petit mot pour tes partenaires à l'écran ?
Le tournage s'est merveilleusement passé. J'étais bien entourée. je suis très contente. On a commencé par la Bretagne, la partie avec notre papa joué par Thierry Godard que j'avais découvert dans Engrenages. C'est un excellent comédien, un être gentil, doux, calme, toujours à l'écoute, super agréable dans le jeu. Il est dans l'échange. Dans le Sud, c'était une toute autre ambiance, plus pêchue, plus solaire. Pascale Arbillot et Patrick Chesnais ont des caractères forts, mais ils sont adorables et rigolos. Chacun avait une énergie différente ce qui a créé des situations de jeu loufoques et décalées qui sont très drôles !

Si tu avais un souvenir d'été à nous raconter…
Je me souviens d'une fête de village dans le Larzac. J'avais 15-16 ans et le droit d'aller dans la maison de campagne de mes parents avec toute ma bande de copains.

Quel était ton fantasme d'adolescente ? En termes de réalisation personnelle ou d'incarnation d'un mâle ?
Gene Kelly. C'est le premier homme à l'écran pour lequel mon cœur a complètement fondu. Je suis une inconditionnelle de Chantons sous la pluie, de sa façon de danser. Il incarne le mâle sexy. J'adore.

Est-ce que tu te souviens de l'été de ton premier baiser ?
Non, je n'ai pas eu d'amours de vacances. J'étais très timide quand j'étais plus jeune.

Quelle serait l'odeur d'une chaude journée d'été ?
L'herbe et le foin, les grandes balades dans les champs, les bouquets de fleurs sauvages...

Quel est ton parfum de glace préféré ?
Mangue, sans hésiter.  

La boisson qui arrose tes soirées ?
Un cocktail alcoolisé : le Mauresque, un pastis avec du sirop d'orgeat.

La destination de tes rêves pour les vacances ?
Le Japon.

Qui inviterais-tu à un apéro pour un soir d'été ?
Jack Nicholson et Julianne Moore.

Quel est ton tube de l'été ?
Un tube de crème solaire Chanel qui sent bon le jasmin et du mascara, je suis addict.

Peux-tu passer des journées à te faire bronzer ?
Je peux bouquiner au soleil toute la journée...

Est-ce qu'en interview, tout le monde te ramène à ton grand-père, le grand artiste franco-chilien Alejandro Jodorowsky ?
J'aime beaucoup son œuvre, ses films, ses romans, ses bandes-dessinées, mais je ne connais pas l'homme plus que ça.

Quel est ton talent caché ?
Je sais faire bouger mes oreilles.

Qu'aimes-tu dans la vie parisienne ?
Revenir dans cette ville capitale après chaque voyage. Je me dis que j'ai de la chance d'habiter ici, c'est tellement beau, tellement cosmopolite. Je ne me vois pas trop vivre ailleurs.

Quel a été ton premier boulot ?
Mon premier tournage : j'avais 14 ans et trois jours de tournage sur un téléfilm de Benoît Jacquot, en costumes d'époque avec des calèches, c'était génial, assez fou.

Est-ce que tu pourrais vivre sans portable ?
Non, en aucun cas. Professionnellement, impossible de ne pas répondre à un mail dans l'heure. Et c'est sur les réseaux sociaux que je me mets au diapason de mes amis, surtout Facebook. Je suis accro à mon téléphone.

Qu'est-ce qui te donne la pêche ?
Le boulot. Le fait de travailler, de tourner, de faire de la musique, c'est mon énergie vitale.

Est-ce que tu sais ne rien faire ?
Oui. Je reste des journées entières chez moi en pyjama.

Alma Jodorowsky © Methieu Morelle

Comment décrirais-tu ton éducation ?
Beaucoup de liberté, d'amour, de bienveillance et de protection. Mes parents ont fait plus que le job. Sur le plan scolaire, j'étais dans l'établissement Decroly à Saint-Mandé, une école alternative où l'on apprend à s'exprimer, à débattre, avec de nombreuses sorties culturelles. Ça apprend vraiment à réfléchir par soi-même, c'était des années géniales qui m'ont énormément appris, à m'ouvrir, à m'intéresser aux choses, à prendre confiance en moi. C'est une école que je recommande.  

Que chantes-tu sous la douche ?
Sans honte, de la Variété française : Brassens, Renaud...

Les femmes ont-elles de l'humour ?
Il y a une telle pression sur l'apparence, sur la peur du ridicule. Il y a aussi un choix des fois à opérer entre des rôles comiques et des rôles de séduction. C'est difficile d'être drôle.

Crois-tu au destin ?
Non, c'est trop tragique. A quoi ça sert de faire des choix et de vivre si tout est déjà écrit ? J'aime me dire qu'il y a des surprises, plein de rencontres et de la magie.

De quelle série ne rates-tu aucun épisode ?
Les Sopranos, Girls, Game of Thrones, House of Cards… Je suis fan !

À qui aimerais-tu être comparée ?
A personne.

Quel est le plus beau regard que l'on ait posé sur toi ?
Celui de l'amour...

Est-ce qu'il y a chez toi un désir de reconnaissance, de chercher l'approbation ?
C'est quelque chose de spécifique aux acteurs : un réel besoin d'être aimé que je ne renie pas, au contraire. Je préfère l'assumer. Et même, en général, j'ai du mal à croire les gens qui disent qu'ils se foutent complètement du regard des autres. On vit en communauté, on est élevé comme ça. Tous les êtres humains ont ce désir d'être accepté dans la meute.

Juillet-Août, réalisé par Diastème, avec Patrick Chesnais, Pascale Arbillot, Thierry Godard, Alma Jodorowsky... 1h36.

© Diaphana Distribution