Edouard Baer, feel-good dandy

Edouard Baer nous touche en plein coeur dans le nouveau film de Benoît Graffin, "Encore Heureux", en salles le 27 janvier. Il campe Sam, un “personnage à la mécanique cassée”, cadre sup’ au chômage depuis deux ans qui va tenter avec sa petite famille de remonter la pente. Rencontre avec un Parisien qui nous veut du bien.

© EuropaCorp
Edouard Baer dans Encore Heureux  © EuropaCorp

Le Journal des Femmes a eu l'occasion de rencontrer Edouard Baer dans un très chic hôtel parisien. Après avoir commandé des oeufs pour le petit déjeuner et divagué sur les cuisines de l'hôtel en imaginant des poules haute couture tirées à quatre épingles à l'image de ce lieu raffiné, l'entretien commence. L'acteur bavard et insatiable de bons mots est ravi de pouvoir discuter d'Encore Heureux, une comédie loufoque dans laquelle il est éperdument... amoureux de Sandrine Kiberlain. Rencontre.

Le Journal des Femmes : Etes-vous heureux ?
Edouard Baer : Je ne peux pas répondre à cette question dans la globalité, mais je suis heureux d'être dans un bon film. Et non, je ne dis pas ça tout le temps, on ne fait pas que des bons films. Je suis dans un moment plutôt pas mal ! Et puis quand on sait qu'on va manger (rires), on reste un animal après tout.

Vous êtes de retour au cinéma après avoir passé du temps sur les planches…
J'ai privilégié les spectacles après avoir essuyé plusieurs déceptions au cinéma. Entre ce que l'on lit sur le scénario et le produit fini, il y a parfois un gouffre. Ce qui est embêtant c'est qu'en tant qu'acteur nous sommes l'image des films. Ce ne sont pas les metteurs en scène qui sont beaucoup moins médiatiques, donc on se retrouve à se balader avec des casseroles par engagement vis-à-vis de la production. Je ne veux plus faire de promo pour des projets auxquels je ne crois pas. C'est pas mal dans la vie quand la parole et la pensée ne sont pas trop en opposition, non ?

Qu'est ce qui vous a plu dans le personnage de Sam ?
L'histoire et la manière de la raconter. Amener un personnage d'un point A à un point B, c'est formidable et puis j'aime bien les personnages à la mécanique cassée. C'est un bon point de départ je trouve. Il y a une lueur chez Sam que l'on a envie d'attiser.

Comment s'est passée la collaboration avec Sandrine Kiberlain ?
C'est extraordinaire, elle a été un moteur inouï dans ce film. Je suis arrivé sur le tournage en étant un peu déstabilisé, on peut perdre confiance assez vite dans ce métier. Au théâtre non, parce que le public est au rendez-vous et on sent que les gens sont avec vous. On est en confiance. Mais au cinéma, j'ai trop fait d'entre-deux et j'ai eu l'impression de ne plus savoir jouer.

Sandrine Kiberlain interprète une femme multi-casquettes, une femme forte.
Je pense que c'est typiquement féminin de ne pas s'arrêter au premier problème venu et de persévérer pour continuer à avancer. Les hommes sont plus fragiles contrairement à la gent féminine qui se relève plus vite et mieux dans ces histoires là.

L'humour aujourd'hui c'est devenu tabou ?
En ce moment j'ai l'impression qu'être heureux passerait presque pour de l'indécence. Sous prétexte que ça va mal, il faudrait tirer la gueule par solidarité. Mais au contraire, c'est quand ça va mal qu'il faut y aller ! Après tout c'est facile d'être joyeux quand il fait beau, qu'on a touché un chèque, que le monde est en paix, ou quand quelqu'un vous dit "je taime". Donc plus ça va mal, plus il faut être joyeux.

Il y a beaucoup d'amoralité dans Encore Heureux
Vous avez raison de ne pas utiliser le terme "immorale", mais "amoral" car le film est tout sauf moralisateur et donneur de leçons. Les personnages sont dans l'urgence d'une situation et le spectateur les soutient malgré tout et lorsque cette connexion entre le spectateur et les personnages se produit dans un film, c'est merveilleux. Je pense qu'on peut aller loin pour les gens qu'on aime.  

 

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